Le Figaro a écrit:Le constructeur annonce ce mercredi la prise de contrôle de son écurie, vraisemblablement par le fonds Genii Capital, mais l'équipe continuera de porter les couleurs du Losange, qui restera impliqué dans le management.
Bernard Rey, le président du Renault F1 Team, et Jean-François Caubet, son directeur général nommé par intérim après le départ de Flavio Briatore, attendaient mardi soir, ou mercredi matin, la décision finale de Carlos Ghosn, actuellement au Japon, concernant l'avenir de l'équipe. Son annonce est programmée mercredi, lors d'une conférence de presse à Boulogne-Billancourt, au siège du constructeur français. Renault vend mais ne quitte pas la F1. Explications.
La vente de l'écurie est actée
C'est une quasi-certitude, Renault ne sera plus majoritaire dans le capital du Renault F1 Team. L'ouverture, pour un montant estimé entre 30 et 50 millions d'euros, permettra d'assurer le budget de l'équipe après la perte du partenariat ING et, dans une moindre mesure, la défection de Mutua Madrilena.
Alors que la conjoncture économique est délicate, et l'image de l'écurie écornée par le «crashgate», les responsables du marketing de l'équipe ne sont pas parvenus à trouver de nouveaux sponsors. Or Carlos Ghosn ne souhaitait pas augmenter le budget alloué par Renault à l'activité F1. «Nous allons disposer des ressources nécessaires pour tenter de revenir au premier plan», nous confie un proche du dossier.
Genii Capital en pole position
Sauf surprise, ce fonds luxembourgeois sera retenu par Carlos Ghosn et deviendra l'actionnaire majoritaire du Renault F1 Team. Derrière Genii, deux hommes d'affaires crédibles et dynamiques : Gérard Lopez et Eric Lux. Le premier est parmi les fondateurs de Mangrove Capital Partners, qui misa notamment sur la réussite de Skype.
Lopez et Lux sont associés au sein de Gravity Sport, une structure de management de pilotes. Avec Genii, ils soutiennent différents projets, dont un concept innovant de moteur propre. Pour eux, l'acquisition d'une écurie de F1 n'est pas une fin en soi, mais leur offrira une plate-forme internationale de développement pour leurs différentes activités de capital-risque, sachant que la F1 est plutôt à la traîne en termes de synergies sur les nouvelles technologies. Un constat que Gérard Lopez fit il y a quelques jours, dans le cadre du Motorsport Business Forum de Monaco.
David Richards en outsider
Champion du monde des rallyes en tant que copilote d'Ari Vatanen en 1981, le Britannique David Richards a fondé Prodrive, une société spécialisée dans le sport automobile, qui engagea notamment la marque Subaru en WRC. À la tête, pendant plusieurs années, d'International Sportworld Communicators, la société détentrice des droits commerciaux du rallye, sa politique de développement de la discipline ne tint pas ses promesses. Enfin, il est l'un des coactionnaires de la marque Aston Martin.
La F1, Richards en rêve depuis des années. Mais ses passages à la direction des écuries Benetton, puis BAR-Honda, ne furent guère convaincants, tout comme il échoua ensuite dans une tentative de création d'équipe Prodrive.
Sur le dossier Renault, sa stratĂ©gie au long cours et son dĂ©sir implicite de rĂ©cupĂ©rer Ă terme l'Ă©curie en nom propre ne cadrent pas nĂ©cessairement avec les plans de Renault. En outre, sa personnalitĂ© encombrante ne le rend pas extrĂŞmement populaire dans le business F1. Ă€ cet Ă©gard, il se murmure que ÂBernie Ecclestone, le grand argentier de la discipline, très impliquĂ© sur ce dossier, s'est prononcĂ© en faveur de Genii Capital.
Que cherche réellement Renault ?
Alors que Honda, BMW et Toyota se sont totalement retirĂ©s de la F1, la dĂ©marche du « je vends mais je reste » de Renault interpelle. En fait, malgrĂ© la crise financière et une Ă©curie en piteux Ă©tat, les Ă©tudes dĂ©montrent au constructeur français que la F1 reste une activitĂ© au retour sur investisÂsement inĂ©galable en termes de notoriĂ©tĂ©.
Avec l'arrivée d'un actionnaire, et sachant que l'accord ne concerne pas le département moteurs de Viry-Châtillon, et que la dénomination du team restera inchangée, le Losange s'est assuré un financement et pourra continuer de peser sur les décisions stratégiques de la F1, notamment sur l'introduction des nouvelles énergies de la mobilité, et s'offre d'ici deux à trois ans plusieurs options en fonction de l'état de santé du groupe Renault comme de la F1 : reprendre le contrôle de l'équipe, ou s'en séparer définitivement, puis demeurer ou pas motoriste.
Alain Prost impliqué ?
L'Ă©curie Renault est attendue au tournant l'an prochain. Alors qu'elle est dans l'obligation d'obtenir de meilleurs rĂ©sultats, la chute du système Briatore l'a laissĂ©e orpheline d'une structure de management crĂ©dible sur les Ă©chiquiers sportif et politique. De source proche du dossier, le Losange ne lâchera pas la gouvernance Ă son nouvel actionnaire. Alain Prost aurait ainsi reçu une offre pour intĂ©grer l'Ă©quipe. Mais 2010 se joue actuellement Ă l'usine châssis de Enstone, Oxfordshire : de la qualitĂ© de la monoplace en conception, et bientĂ´t aux mains du Polonais Robert Kubica, nouveau pilote leader, dĂ©pendra surtout l'avenir de Renault en ÂFormule 1.