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F1, argent et ...scrupules

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F1, argent et ...scrupules

Messagepar Neo57 » Lun AoĂ» 23, 2010 1:36 pm

Le Business Book GP 2010 dĂ©voile les salaires de pilotes de F1. Bilan: -16% par rapport Ă  2009! L’an dernier, Kimi Raikkonen Ă©tait le mieux payĂ©, avec 45 millions d’euros. En 2010, le N°1 est Fernando Alonso, avec “seulement” 30 millions d’euros. 30 millions d’euros pour un pilote qui n’a pas souri depuis des annĂ©es et qui envoie balader ses ingĂ©nieurs. Eric Zemmour avait traitĂ© l’équipe de France de football de “mercenaires obsĂ©dĂ©s par l’argent, qui se fichent de porter les couleurs de leur pays”. Peut-on dire la mĂȘme chose des pilotes de F1?
Piùce à conviction N°1: Jenson Button, mercenaire en puissance

C’est dĂ©sormais une habitude. Les pilotes n’ont plus aucun Ă©gard pour l’écurie qui leur a permis d’accĂ©der Ă  la F1 ou d’y devenir une star. S’il y a un meilleur volant ailleurs, ils foncent! Mais le transfert de Jenson Button Ă©tait motivĂ© par des questions purement financiĂšres.
Fin 2008, Honda annonce qu’il abandonne la F1. Ross Brawn doit entamer une course contre la montre pour trouver un repreneur. Quant aux pilotes, Jenson Button et Rubens Barrichello, personne d’autre n’en veut. Le bilan de l’Anglais est particuliĂšrement dĂ©sastreux: 1 seule victoire en 9 saisons et son meilleur rĂ©sultat 2008 n’est qu’une 6e place Ă  Barcelone. A 29 ans, il fait figure de has been.
Brawn sauve l’équipe in extremis et lui trouve un moteur Mercedes. Mais pour courir, Button doit revoir ses prĂ©tentions salariales Ă  la baisse.
Une saison, 6 victoires et 1 titre plus tard, Jenson Button est redevenu “bankable”. Entre temps, Mercedes a rachetĂ© Brawn GP. Button veut bien continuer, mais avec une substantielle augmentation.
Ross Brawn refuse, alors il file chez McLaren, qui lui offre 6 millions de livres par an. VoilĂ  comment il remercie son patron, le seul homme qui voulait de lui neuf mois plus tĂŽt!
Bonus: faute de salaire, Button avait exigĂ© qu’en cas de titre, on lui offre sa F1. Lorsque l’Anglais exigea son du, Mercedes/Brawn lui rĂ©pondit qu’ils manquaient de chĂąssis et lui proposaient de construire une rĂ©plique. Refus de Button, qui a Ă©tĂ© devant les tribunaux.

En fait, le premier mercenaire de la F1 fut Juan-Manuel Fangio: il a toujours voulu piloter la meilleure voiture de l’annĂ©e. Pour ses dĂ©buts EuropĂ©ens, en 1948, il pilote une Maserati aux couleurs de l’Argentine. Le prĂ©sident autoritariste Juan PerĂŽn, piquĂ© d’automobile, pensait sans doute pouvoir utiliser ses pilotes Ă  des fins de propagande. Mais dĂ©s qu’il se fait un nom, en 1949, Fangio signe chez Gordini
 Dont il juge d’emblĂ©e que la voiture n’est pas compĂ©titive, alors il part chez Ferrari (toujours en 1949.) Mais Ferrari boude le premier “championnat du monde de conducteurs” (future F1), alors Fangio va le courir chez Alfa Romeo. Pour 1952, les Grand Prix adoptent la rĂšglementation “F2″ et Alfa jette l’éponge. Fangio (titrĂ© en 1951) connait un passage Ă  vide. Il retrouve un volant “usine” en 1954, avec Mercedes. 2 titres plus tard, la firme Ă  l’étoile se concentre sur l’endurance. L’Argentin signe alors chez Ferrari. Enzo Ferrari n’aime pas Fangio, qu’il juge opportuniste (le commendatore voulait ĂȘtre maitre du destin de ses pilotes), mais comme c’est le meilleur
 L’association dure un an (et un titre.) Entre temps, la Maserati 250F est devenue la F1 de rĂ©fĂ©rence et en 1957, il signe donc pour la firme au trident, oĂč il dĂ©croche un cinquiĂšme et dernier titre.
Ca nous fait donc 5 titres (dont 4 consĂ©cutifs) avec 4 Ă©curies diffĂ©rentes. A une Ă©poque oĂč il y avait peu d’essais et peu de dĂ©veloppement, il Ă©tait possible de sauter d’une voiture Ă  l’autre et d’ĂȘtre immĂ©diatement compĂ©titif. A fortiori lorsque vous possĂ©dez la maestria de l’Argentin

Il dĂ©montra par A+B que les scrupules ne servent Ă  rien. A contrario, Stirling Moss prĂ©fĂ©rait laisser parler son cƓur et signer avec des Ă©curies Britanniques dĂ©butantes, par amitiĂ© envers les patrons. Moss ne fut jamais titrĂ©.
Les pilotes qui ont fait des sentiments furent souvent mal rĂ©compensĂ©s. Emerson Fittipaldi et Jacques Villeneuve ont gĂąchĂ© leur talent et leur carriĂšre avec respectivement Copersucar (fondĂ©e par le frĂšre d’Emerson, Wilson Junior) et BAR (mise en place par Craig Pollock, manager et ami d’enfance du QuĂ©becois.) Jackie Stewart resta fidĂšle Ă  Ken Tyrell et il fut donc victime de la compĂ©titivitĂ© en dent de scie de ses voitures, dĂ©crochant 3 titres non-consĂ©cutifs. MĂȘme punition pour Jim Clark avec Lotus. Et lorsqu’enfin, aprĂšs 3 saisons de disette, l’écurie a eu une voiture rapide, l’Ecossais se tue en course.
Mario Andretti s’est acharnĂ© chez Parnelli, alors qu’il aurait pu signer bien plus tĂŽt chez Lotus (et remporter davantage de victoires.) Laissant parler ses origines transalpines, Jean Alesi prĂ©fĂ©ra une Ferrari Ă  une Williams (il avait dĂ©jĂ  paraphĂ© le contrat.) Ce talent prometteur fut ainsi pilote de la scuderia de 1991 Ă  1995; le pire moment. Heinz-Harald Frentzen a refusĂ© 3 fois les avances de Franck Williams, restant chez Sauber (car Peter Sauber l’a fait dĂ©buter en F1.) Lorsqu’enfin il dit “oui”, en 1997, la Williams ne dominait plus autant.
Michael Schumacher fut l’un des rares Ă  ĂȘtre rĂ©compensĂ© pour sa fidĂ©litĂ©. Et encore, lors de sa signature chez Ferrari, mi-1995, l’Allemand ne donnait pas lourd de ses chances Ă  y garnir son palmarĂšs


NĂ©anmoins, Fangio n’avait aucune motivation financiĂšre. C’était un racer pur et dur.
Avec Jackie Stewart, la F1 entre dans l’ùre des sponsors. L’Ecossais fut le premier pilote Ă  gagner plus d’un million de dollars de gains au cours de sa carriĂšre. A une Ă©poque oĂč les pilotes de F1 tombaient comme des mouches, le public est avec lui: c’est le salaire de la peur. Stewart a atteint le million de dollars en accumulant les sponsors personnels tout azimut. Une nouvelle Ford Ă  lancer? Une pub pour du champagne? Une ligne de slips kangourous? Si c’est bien payĂ©, il est votre homme!
Niki Lauda, lui, a Ă©tĂ© le premier Ă  exiger que son Ă©curie le paye grassement. Chez Ferrari, il a monnayĂ© au prix fort son talent. Lorsqu’il parti, il signa avec la seule Ă©quipe qui acceptait ses prĂ©tentions financiĂšres: Brabham.
Lauda tenta de monter sa propre compagnie aĂ©rienne, Lauda Air. Mais les affaires ne marchaient pas. Pour renflouer les caisses, il se fait d’abord commentateur de Grand Prix (au tarif “Lauda”.)
C’est insuffisant, alors il reprend le volant, mais pas Ă  moins d’un million de dollars piĂšces. Renault accepte, mais la CGT a vent de l’accord et elle exige que le million aille aux ouvriers de la firme au losange. Il n’y a plus d’argent pour Lauda, heureusement pour lui, chez McLaren, le cow-boy est prĂȘt Ă  lui faire un pond d’or. 3 saisons plus tard, l’Autrichien considĂšre qu’il a gagnĂ© assez d’argent et il raccroche de nouveau le volant.
Lauda a ouvert la voie de l’argent-roi. Les annĂ©es 80 voient l’arrivĂ©e des agents. Nigel Mansell, Nelson Piquet, Alain Prost et Ayrton Senna (pas vraiment les meilleurs amis du monde Ă  la ville) s’entendent pour un “SMIC” du champion du Monde.
Au milieu des annĂ©es 90, Ken Tyrrel clame qu’il veut bien embaucher Michael Schumacher
 Mais qu’il doit d’abord gagner au loto! Pourtant, l’Allemand est moins bien payĂ© que les footballeurs ou les basketteurs US. A cette Ă©poque aussi, un pilote de fond de grille touche encore Ă  peine une centaine de milliers d’euros par an (en oubliant les cas oĂč le pilote paye pour conduire.)
Mais en quelques annĂ©es, les salaires flambent aussi Ă  l’arriĂšre du peloton: pour un million d’euros par an, t’as plus rien! Schumacher est le sportif le mieux payĂ© du monde (son salaire annuel est estimĂ© entre 20 et 120 millions d’euros!) et Jean Alesi coiffe les sportifs tricolores.
Paradoxalement, l’époque actuelle voit davantage une baisse des salaires. Button Ă©tant l’exception qui confirme la rĂšgle.

PiÚce à conviction N°2: Fernando Alonso, le prolétaire

Il n’y a pas beaucoup d’histoires Ă  la Cendrillon en F1. Les biographes ont souvent des anecdotes plus ou moins larmoyantes: François Cevert a dĂ©pouillĂ© une Mini de ses roues (faute d’avoir les moyens d’en acheter pour la remorque de sa F3), Damon Hill a livrĂ© des pizzas, l’entreprise du pĂšre de Robert Kubica (qui finançait sa carriĂšre) a fait faillite, etc.
La rĂ©alitĂ© est que la plupart des pilotes sont issu de la bourgeoisie. Niki Lauda s’est endettĂ© jusqu’au cou pour aller en F1. Mais il recevait ses crĂ©anciers dans le chĂąteau familial et c’est toujours plus facile de dĂ©crocher un prĂȘt lorsque vous ĂȘtes chĂątelain que lorsque vous habitez une chambre de bonne

Il y a nĂ©anmoins au moins un vrai prolĂ©taire dans le plateau actuel: Fernando Alonso. Le pĂšre de ‘Nando Ă©tait ouvrier dans une usine d’explosifs. L’Espagnol dĂ©couvre le kart Ă  3 ans. Mais Ă  10 ans, alors que les choses devenaient sĂ©rieuses, son pĂšre ne peut plus payer (et vu le budget pour une saison de karting en minimes, c’est dire si Alonso pĂšre Ă©tait pauvre
) Le salut viendra de Tony Kart, qui lui paye un volant
 En Italie. Alonso a donc du partir seul, Ă  10 ans, dans la pĂ©ninsule.

De quoi excuser un peu son comportement.

Pour autant, la course automobile n’a jamais Ă©tĂ© un sport de pauvres. Il suffit de se souvenir du Grand Prix de France 1938: Manfred von Brauchitsch, vainqueur, se moquait de son Ă©quipier Hermann Lang, aux origines modestes. “Champagne pour tout le monde! Et une biĂšre pour Lang!”
A la fin du XIXe siĂšcle, dans les dĂ©mocraties occidentales, les aristocrates se retrouvent au rang de figurants. Ils s’ennuient et pour passer le temps, ils jouent avec la mort. L’époque voit Ă©galement les dĂ©buts de l’automobile. Nos aristocrates vont donc courir avec des voitures toujours plus rapides, toujours plus chĂšres.
Une liste des premiers pilotes ressemble à un bottin mondain: le marquis Jules-Albert de Dion, le comte Louis Zborowski, le prince Bertrand Marie Ponse François Raphael de Faucigny-Lucingele (alias “prince de Cystria”), le baron Manfred von Brauchitsch, le prince Birabongse Bhanutej Bhanubandh (alias “prince Bira”) ou le prince Igor Nikolayevich Troubetzkoy.
La traditions des aristocrates-pilotes se poursuivie en F1 avec Alfonso Cabeza de Vaca y Leighton (marquis de Portago), le comte Wolfgang “Taffy” von Trips, Jonkheer Carel Pieter Anthonie Jan Hubertus Godin de Beaufort, le prince Jorge de Bagration de Moukhrani, “Johnny” Crichton-Stuart (comte de Dumfries) ou Elio de Angelis.
La haute bourgeoisie se plaisait Ă  imiter l’aristocratie. D’oĂč son irruption dans le sport automobile avec des “fils de” comme James Gordon Bennett, William Henry Vanderbilt, Camille Jenatzy, Laury Schell, AndrĂ© Dubonnet ou Rob Walker (fils de Johnnie.)
Là encore, on en retrouvera beaucoup en F1: les frÚres Rodriguez, Jim Hall, Niki Lauda, Jacques-Henri Laffite, Ricky von Opel, François Hesnault, Takachiho Inoue, Ricardo Rosset, Pedro-Paulo Diniz, Ricardo Zonta, Zsolt Baumgartner ou Tiago Monteiro.
Les noms citĂ©s ci-dessus (liste(s) non-exhaustive(s)) comprennent aussi bien de vĂ©ritables chicanes mobiles que de grands pilotes. La mise en place des formules de promotion (qui permettent aux pilotes moins argentĂ©s de se faire “repĂ©rer”) ou l’arrivĂ©e des sponsors a peu modifiĂ© la donne. Si vous voulez aller jusqu’en F1, mieux vaut avoir des parents argentĂ©s.
Par ailleurs, Ă  moins d’ĂȘtre riche (ou fans de voitures), la plupart des parents diraient Ă  leurs fils: “C’est bien gentil, tes petites voitures, mais ça ne te paye pas Ă  manger. Alors fais des Ă©tudes, trouve toi un “vrai” travail et ensuite, tu pourras faire vroum-vroum le dimanche!”

Piùce à conviction N°3: Nico Rosberg, l’apatride
Nico Rosberg est le paroxysme du pilote “mondialisĂ©â€. Fils d’un champion de F1 Finlandais (Keijo “Keke” Rosberg), il est nĂ© Ă  Wiesbaden (en Allemagne.) Il a grandi Ă  Monaco, parle français, anglais et allemand, mais baragouine en finnois. Il possĂšde la double-nationalitĂ© Allemande et Finlandaise, mais il se considĂšre “Allemand”. Notez qu’il n’a couru qu’une saison en Allemagne (2002), en Formule BMW.

LĂ  encore, rien de nouveau.
Au dĂ©but du siĂšcle, l’AmĂ©rique fourmillait d’émigrants de la premiĂšre gĂ©nĂ©ration. D’oĂč la prĂ©sence de pilote comme les Italiens Ralph de Palma et Dario Resta, le Suisse Louis Chevrolet (plus tard associĂ© Ă  la marque Ă©ponyme) ou le Français Gaston Chevrolet (petit frĂšre de Louis.) Des pilotes arrivĂ©s aux Etats-Unis pour des raisons personnelles et qui n’ont jamais couru dans leur pays d’origine.
Harry O’Reilly Schell Ă©tait uniquement AmĂ©ricain par le sang. En 1940, les O’Reilly Schell mĂšre et fils quittent la France pour les Etats-Unis (pour des raisons Ă©videntes.) Ils veulent y engager des Maserati Ă  Indianapolis pour RenĂ© Dreyfus et RenĂ© Le BĂšgue. Leur mĂ©cano est l’Italien Luigi Chinetti (futur importateur Ferrari aux USA.) Ce fut un flop car aucune des 5 personnes ne parlait anglais!
La course des Deux Mondes 1958 Ă©tait une confrontation entre pilotes EuropĂ©ens et AmĂ©ricains, sur leurs voitures respectives, Ă  Monza. En tant que pilote Ferrari, l’AmĂ©ricain Phil Hill s’est retrouvĂ© dans le camp des “EuropĂ©ens” en 1958. Quant Ă  l’Argentin Juan-Manuel Fangio, considĂ©rĂ© d’ordinaire comme “EuropĂ©en”, il pilotait exceptionnellement un roadster d’Indycar.
Depuis la fondation du championnat du monde de F1, il y a eu peu d’écuries extra-europĂ©ennes et la plupart des courses ont lieu en Europe. Dans les annĂ©es 50-60, des nombreux Australiens et NĂ©o-zĂ©landais vinrent donc courir en Europe.
Les frĂšres Fittipaldi montrĂšrent la voie de l’exil aux BrĂ©siliens. Au dĂ©but, seuls les pilotes ayant fait leurs preuves au BrĂ©sil “montaient” en Europe. Mais, en 1981, Ayrton Senna fut le premier a courir d’emblĂ©e en Grande-Bretagne. DĂ©s lors, de Rubens Barrichello Ă  Bruno Senna, en passant par Felipe Massa, la plupart des pilotes BrĂ©siliens vus en F1 ont peu roulĂ© au BrĂ©sil. Certains dĂ©couvraient Interlagos lors du Grand Prix du BrĂ©sil!
Les Japonnais, Ă©galement Ă©loignĂ©s gĂ©ographiquement, ont longtemps butĂ© sur la barriĂšre de la langue et la mĂ©connaissance des circuits EuropĂ©ens. DĂ©s les annĂ©es 90, les pilotes nippons partirent en Europe dĂ©s la F3. Aujourd’hui, Ă  l’instar des BrĂ©siliens, les Japonais viennent d’emblĂ©e chercher fortune en Europe.
Dans les annĂ©es 90, les championnat Italiens de F3 et de F3000 vont Ă  vau-l’eau. Les meilleures pilotes sont parti vers d’autres pays EuropĂ©ens. Idem pour les Espagnols ou les habitants du Benelux, qui manquaient de championnats nationaux compĂ©titifs.
L’expatriation est devenue la norme. Ce n’est plus le fait d’histoires personnelles ou de population Ă©loignĂ©es gĂ©ographiquement.
Les Français furent les derniers Ă  rĂ©sister Ă  l’éloignement. De nombreux pilotes comptaient sur Elf ou Renault pour assurer leur avenir. Pas besoin d’apprendre l’anglais! Le rĂ©sultat? Comptez le nombre de pilotes Français en F1 entre 1996 (lorsque Elf arrĂȘta de sponsoriser des pilotes) et 2005

Dans les annĂ©es 90, Yvan Muller et Nicolas Minassian furent les premiers Français Ă  traverser la Manche. Avec l’arrivĂ©e de l’Open Nissan (ancĂȘtre de la FR 3.5), certains allĂšrent timidement de l’autre cĂŽtĂ© des PyrĂ©nĂ©es (notamment Franck Montagny.) Aujourd’hui, de toute façon, il n’y a plus de championnat Français de monoplace. L’expatriation et les cours d’anglais sont obligatoire. Et ce n’est pas un hasard si de nouveau, on voit des Français qui “marchent”


PiÚce à conviction N°4: Jaime Alguersuari, le jeunot
Le pilote Toro Rosso est le plus jeune pilote de l’histoire de la F1. Il est nĂ© en mars 1990. Lorsque Michael Schumacher dĂ©butait (1991), il portait encore des couches. Lorsque Rubens Barrichello remportait sa premiĂšre pole position (1994), il ne savait pas lire. Et pourtant, il court contre ces deux pilotes!
Il a remplacĂ© SĂ©bastien Bourdais, qui faisait figure de “vieux” avec des dĂ©buts Ă  20 ans.

De jeunes pilotes, il y en a presque toujours eu en F1. MĂȘme si l’ont considĂ©rait qu’il fallait de longues annĂ©es de pratique pour avoir le niveau d’un pilote de Grand Prix. Il suffit de regarder le “top 10″ des dĂ©butants: Alguersuari coiffe Mike Thackwell (dĂ©buts en 1980), Ricardo Rodriguez (dĂ©buts en 1961), Fernando Alonso (dĂ©buts en 2001), Esteban Tuero (dĂ©buts en 1998), Chris Amon (dĂ©buts en 1963), Sebastian Vettel (dĂ©buts en 2007), Eddie Cheever (dĂ©buts en 1978), Jenson Button (dĂ©buts en 2000) et Tarso Marques (dĂ©buts en 1997.)
Bruce McLaren a remportĂ©, en 1959, un Grand Prix alors qu’il n’avait que 22 ans. Son record a tenu 34 ans, lorsque Fernando Alonso remporta un Grand Prix en 2003.

La diffĂ©rence est que jusqu’à rĂ©cemment, on dĂ©butait en automobile Ă  18 ans. D’ailleurs, certains championnats n’acceptaient pas les mineurs (des pilotes comme Bobby Rahal ou Rubens Barrichello ont ainsi du utiliser les papiers de leur pĂšre!)
Aujourd’hui, on dĂ©bute de plus en plus tĂŽt. MalgrĂ© leur jeune Ăąge, Lewis Hamilton, Nico Rosberg, SĂ©bastian Vettel ou Jaime Alguersuari avaient dĂ©jĂ  4 ou 5 saisons en automobile avant d’accĂ©der Ă  la F1.
OĂč va-t-on? DĂ©sormais, les constructeurs “repĂšrent” des pilotes de karting de 11 ans. Dans les annĂ©es 90, la Formule Campus (et l’actuelle F4 1.6) avaient une vocation de “sport-Ă©tude de la course automobile”. Mais la plupart des pilotes dĂ©butent Ă  16, 17 ans en FR 2.0, oĂč on exige d’eux d’emblĂ©e des rĂ©sultats.
En cas de rĂ©ussite, ça nous donne des pilotes-robots comme Fernando Alonso ou Lewis Hamilton, qui n’ont jamais eu d’enfance et d’adolescence et qui s’expriment uniquement en langage marketing.
Et en cas d’échec? La F1 ne fait pas de cadeaux. En cas de faux pas, du jour au lendemain, les patrons d’écuries “oublient” votre portable. Ce n’est pas facile Ă  accepter Ă  25 ans, alors Ă  20 ans
 Prenez Brendon Hartley. Il a quittĂ© sa Nouvelle-ZĂ©lande natale Ă  16 ans pour entrer dans la filiĂšre Red Bull, en Europe. A 17 ans, il est champion d’Europe de FR 2.0. A 18 ans, il effectue un premier test chez Toro Rosso. Et Ă  19 ans, Ă  mi-saison, il est virĂ© par Red Bull pour cause de rĂ©sultats insuffisants en FR 3.5. En plus, il n’était pas si mauvais que cela: il est davantage un dommage collatĂ©ral de la guĂ©guerre entre Red Bull et sa structure F1. Que se passe-t-il aujourd’hui dans sa tĂȘte?
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Re: F1, argent et ...scrupules

Messagepar bosco84 » Dim DĂ©c 05, 2010 3:58 pm

la F1 a drĂŽlement Ă©voluĂ©.... J'aime toujours beaucoup la F1 mais je regrette quand mĂȘme les annĂ©es 90.
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