Vu sur 20minutes.fr a écrit:Il devait à peu près 12 h 30, jeudi 29 mai, lorsque j’ai foncé dans une glissière de sécurité à près de 300 km/h. En bout de ligne droite, j’avais pourtant rétrogradé, donné un grand coup de frein, entamé un virage serré. Un peu trop. La voiture a roulé sur le vibreur, secouant l’habitacle. Mon casque a tapé à plusieurs reprise la coque. J’ai traversé le terre plein en sable avant de heurter la barrière. Gros coup de chaud. Dans un bruit de moteur assourdissant, les bras crispés sur le volant rectangulaire de ma monoplace, le torse serré dans le harnais et le dos trempé sous ma combinaison de nylon, j’ai eu du mal à retrouver la piste. Et j’ai fini bon dernier de ma première course de qualification sur un simulateur de F1.
Le 9 juin prochain ouvre à Lyon le complexe I-Way, un espace de 5000 m2 unique en Europe de simulation de course automobile. Pierre Nicolas et Hervé Dupré, deux anciens sportif de 28 ans, ont investi 12 millions d’euros pour acquérir 18 simulateurs habituellement utilisés par l’industrie automobile. Montées sur six vérins hydrauliques qui reproduisent accélérations, dérapages et chocs jusqu’à 2G (deux fois le poids du corps), équipées de son «surround» ces répliques en taille réelle de F1, de Pescarolo Endurance ou de Citroën C2 version rallye, «offrent les vrais sensations d’une course, avec des bolides de 850 chevaux», selon Pierre Nicolas. Destinée aux entreprises pour l’organisation d’événements, la salle sera accessible au public le week-end et le soir de 19 h à minuit. Tarif : jusqu’à 90 euros pour un session de 40 minutes de F1. 20 Minutes a testé pour vous ces jeux vidéos nouvelle génération.
Une session normale démarre par l’inscription sur ordinateur, sur le pont supérieur de la salle. On descend alors un escalier en colimaçon direction la salle de monitoring où sont gérées les courses par ordinateur, puis le vestiaire. Car il va falloir s’habiller en pilote de F1 : chaussons de conduite, gants, cagoule, casque et surtout une combinaison noire en nylon. «Mieux vaut enlever votre pantalon, vous verrez, il fait très chaud», me conseille un steward. Effectivement, ainsi équipé, le corps prend facilement quelques degrés. On n’a encore rien vu, paraît-il. Je pénètre ensuite dans une grande salle plongée dans la pénombre où sont alignées les six F1, montées sur plateau. «La pièce est dans le noir pour qu’il n’y ait aucun autre repère visuel que les écrans, sinon vous auriez le mal des simulateurs», m’explique Hervé Dupré, co-directeur général. La course débute par un tour de qualification de 3 minutes avant la vraie course (23 minutes normalement, 8 minutes pour ce test). Je me glisse dans le baquet de ma voiture, un siège moulé très dur. Un jeune homme attache mon harnais quatre points. Impossible de bouger. Je règle la distance du pédalier frein-accélérateur. Un peu trop court. Durant toute la course, mon genou droit tapera la colonne de direction. Le volant rectangulaire, équipé des commandes de vitesses, est ensuite installé. Le compteur de vitesse s’affiche au centre. Il y a des boutons partout. «Euh, ils servent juste à faire joli», indique mon instructeur qui n’oublie pas de me signaler qu’un gros bouton rouge sous mon bras droit me permet d’interrompre ma course si je me sens mal. Ambiance. Mes trois écrans s’allument. La piste apparaît ainsi que le feu rouge de départ, qui passe très rapidement au vert.
Bon, je démarre en douceur histoire de ne pas partir en tête à queue dès le début. Première, deuxième…, un virage réussi à 90 km/h. Puis la voiture se met à trembler bruyamment. Je suis déjà en sur-régime à 19 000 tours minutes et il faut passer la vitesse supérieure. Avec un caisson de basses dans le dos, des enceintes autour du casque, le son est juste impressionnant. J’accélère, première vraie ligne droite, à fond. Je réalise qu’il y a une 7e vitesse sur ce bolide, j’atteins les 300 km/h, mais difficile de maintenir une trajectoire droite. Et voilà la glissière qui s’approche.
«Il n’y pas d’assistance au pilotage», m’avait prévenu Pierre Nicolas. Et contrairement aux jeux vidéos, aucun panneau n’indique la direction à prendre. Avec une vision au ras du bitume, il faut chercher son chemin entre les chicanes, repérer virages et trajectoires grâce aux marquages blancs et rouges au sol. Difficile aussi de gérer simultanément et à grande vitesse tous les paramètres. Je finirais avant dernier de la course. Huit longue minutes à tenter de dompter la machine, à appréhender le circuit, à prendre plus de plaisir dans la conduite, plus de risques aussi et donc plus de gamelles. A l’arrivée, j’ai hâte qu’on me détache et de retirer le casque. Dans le vestiaire, les impressions sont unanimes : ces simulateurs procurent de «grosses sensations». Il ne manque que les odeurs d’huile et de pneus pour se croire sur une course de F1. Quelques (légères) courbatures se feront sentir le lendemain au réveil.