Je viens de lire ceci sur Fan F1 et comme j'étais à ce GP, je vous en fait profiter
L’œil dans le retro
4 juillet 2004. Sur le muret des stands, les ingénieurs de Ferrari s’auto-congratulent. Parmi eux, Ross Brawn et Luca Baldisseri ont une nouvelle fois fait état de leur audace et de leur génie stratégique. Un peu moins de deux heures plus tôt, sur la grille de départ, le pion damé par Fernando Alonso, Michael Schumacher semble plus tendu qu’à l’accoutumé. La température est particulièrement élevée et le jeune espagnol transforme sa pole position en gardant la tête. Avec son rival de chez Ferrari, ils se livrent alors une bataille dantesque à grands coups de meilleurs tours, s’échappant peu à peu, seuls en tête.
Soudainement, au 10ème tour, l’Allemand se jette dans la courte entrée des stands pour effectuer ce qui est alors le premier de ses trois arrêts. Coincé dans le trafic, le pilote Ferrari n’arrive pas à prendre le dessus sur Alonso, lorsque celui-ci revient en piste après son propre ravitaillement, au 14ème. Ils reprennent alors leur ronde infernale, jusqu’à la seconde salve d’arrêts où l’Allemand, à grand renforts de tours de qualifications, s’empare de la tête.
Dans les stands cependant, les ingénieurs de la Scuderia ne semblent pas assurés de la victoire alors que la Renault d’Alonso se fait toujours aussi pressante. Suggérée par Baldisseri, l’idée émerge alors de basculer la pilote allemand sur une stratégie à quatre arrêts. Après s’être assuré qu’il disposait d’une avance suffisante pour garantir sa deuxième place, Schumacher dit banco et rentre aux stands au 42ème tour. Après l’arrêt d’Alonso au 46ème tour, Schumacher conserve la tête et l’on pense que la course est terminée. Mais l’Allemand prend alors le large et de façon très nette. Vingt-deux ans après le coup de génie de Brahbam qui eut l’audace, à l’occasion du Grand Prix d'Autriche 1982, de ravitailler pour la première fois une F1 en course, la Scuderia s’apprête à entrer dans l’histoire en devenant la première équipe à remporter une course grâce à une stratégie à quatre arrêts.
Maid pour que l’opération fonctionne, Schumacher doit rentrer aux stands avec une avance supérieure à 20 secondes sur Alonso et l’écurie doit réaliser un ravitaillement éclair. Tours après tours, l’Allemand creuse l’écart jusqu’à posséder 22 secondes d’avance lorsqu’il jette sa Ferrari dans l’allée des stands au 58ème tour. La F2004 ne reste à l’arrêt que 5,8 secondes et ressort en tête, avec une confortable avance sur Alonso, s’envolant vers une nouvelle victoire.
Pourquoi cela nous a-t-il marqué ?
Le philosophe a dit un jour : « La Formule Un, c’est un sport où 20 pilotes s’élancent sur la grille de départ et à la fin, c’est Schumacher qui gagne. » En 2004, le pilote allemand et la Scuderia Ferrari flirtent avec l’excellence et le Grand Prix de France, avec sa stratégie à quatre arrêts, en est l’illustration.
Il faut en effet une équipe audacieuse et pleine d’assurance pour tenter cette stratégie risquée sur un circuit où il est délicat de dépasser. Mais il faut aussi un pilote au sommet de son art, capable, comme jamais, d’aligner les tours de qualifications en course, ainsi qu’une équipe de mécaniciens rôdée aux ravitaillements, ayant étudié, travaillé et répété chaque geste devenu réflexe, pour valider cette stratégie gagnante.
En plus d’être historique, cette stratégie soulève une certaine fascination de voir une écurie toucher ainsi à l’excellence au point de s’adapter et de se jouer de tous les obstacles qui lui font face.
Source Fan F1












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