Malgré un barème de point communément adopté par tous les sports qui procèdent sous forme de championnat et non de coupe, la Formule 1 n’est pas totalement étrangère au système de médailles. La FIA n’a-t-elle pas décerné au Prince Rainier la médaille d’or du sport automobile en 2004 ? Une distinction destinée à récompenser les individus ou organismes pour leur contribution exceptionnelle au sport.
De l’esprit fécond de Bernie Ecclestone est sorti un nouveau système de médailles – fidèlement calqué sur celui de l’Olympisme – que le patron de la FIA voudrait voir entrer en vigueur dès 2009. En toute logique, il ne remplacerait pas le barème des points mais se grefferait sur lui pour pimenter le spectacle en cas de nécessité lors de la finale du championnat (cf notre article daté du 2 Novembre).
Toujours à la recherche d’une idée lumineuse pour faire vivre le spectacle et faire rebondir le suspense jusqu’à l’ultime seconde de l’ultime Grand-Prix de la saison, le patron de la FOM était mortifié par l’équation de la finale du championnat 2008 qui semblait à ses yeux dépourvue d’inconnue : quels que soient les trésors de pilotage que Massa devait déployer à Interlagos, Lewis Hamilton pouvait se contenter d’une 5è place pour être sacré champion du monde 2008. L’idée a donc germé dans l’esprit d’Ecclestone de contraindre à l’avenir le pilote qui est dans la position du Britannique à retrousser ses manches pour aller chercher les plus beaux lauriers. « Les choses sont telles que les fans n’auront pas droit à une course roue contre roue de la part des deux prétendants au titre. Lewis n’essaierai pour rien au monde de gagner la course ou d’attaquer » expliquait Ecclestone à la veille de la finale du championnat 2008, « Felipe peut se démener tant qu’il veut et gagner, Lewis doit simplement rallier l’arrivée dans le top 5. Avec le barème de points actuel il serait incroyablement stupide de faire autrement. En délivrant le titre mondial à l’homme qui gagne le plus de médailles d’or durant la saison, ça forcerait les pilotes à aller chercher la victoire à chaque course plutôt que de se contenter des 8 points de la 2è place. »
L’observation de Bernie Ecclestone était motivée par la constatation que Lewis Hamilton pouvait devenir le 30è champion du monde de l’Histoire en ayant engrangé un succès de moins que Felipe Massa au soir du Grand-Prix du Brésil. Ses craintes on été confirmées par l’histoire même si personne n’a eu à se plaindre du spectacle produit par Interlagos 2008. « Si mon idée avait été mise en place cette saison, Lewis et Felipe aurait 5 médailles d’or chacun. Imaginez la tension et l’excitation : chacun des 2 pilotes aurait besoin de la victoire pour s’adjuger le titre. »
L’idée d’Ecclestone aurait fait son petit bonhomme de chemin à en croire son inventeur qui se dit confiant de la voir mise en pratique dès 2009… « La FIA et toutes les écuries y sont favorables et ce sera fait » affirme Ecclestone au Times, « Chacun comprend le système de médaille Or/Argent/Bronze. Quasiment tous les sports procèdent de la sorte » affirme Ecclestone dans un mensonge éhonté. « L’idée est qu’en se rendant à Melbourne pour la 1ère course, les pilotes voudront partir avec une médaille d’or et non pas avec 10, 8 ou 6 points. »
Si la réflexion de Bernie Ecclestone participe d’une certaine logique, avec un système Olympique la finale de la saison 2003 aurait été des plus ennuyeuses. En effet, si Michael Schumacher était un orpailleur émérite (6 médailles d’or en 15 courses avant Suzuka), Kimi Räikkönen n’avait eu qu’un métal précieux autour du cou. Au contraire, elle accoucha d’un scénario presque burlesque mais haletant avec un Schumacher qui, sous l’effet de la pression et de l’enjeu, semblait avoir subitement perdu sa science du pilotage.
















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