[align=justify]Qualifications : A Räikkönen la première pole, à Massa les premiers pleurs
Kimi Räikkönen est le premier poleman de la saison 2007. Le Finlandais s’est imposé avec brio et dans un style typiquement ‘iceman’, à la fois sur la piste et en dehors. Kimi a battu les McLaren et BMW par K.O en flirtant avec la fenêtre des 1:25 dès son premier tour rapide.
En pole provisoire (1:27.050) jusqu’à la prouesse du nouveau pilote Ferrari, Alonso s’est subitement retrouvé repoussé à une seconde d’un exploit qu’il caressait de ses voeux et qui aurait constitué un ascendant psychologique certain vis-à -vis de Räikkönen, qu’il remplace chez McLaren Mercedes.
L’Espagnol a dû s’employer dans les ultimes secondes de la séance qualificative, non pas pour tenter de faire tomber le cheval cabré de son piédestal, mais pour faire entendre à Nick Heidfeld, dont la F1.07 s’était propulsée sur la première ligne de la grille virtuelle. Mission accomplie pour le champion du monde, qui aura la satisfaction de s’élancer aux côtés de Räikkönen et d’être temporairement débarrassé d’un des favoris du championnat, Felipe Massa.
Trahi par sa machine alors qu’il avait jusque là (et dans la continuité de ses essais privés) fait preuve d’une maîtrise parfaite des évènements, le Brésilien se retrouve rejeté en 16è position. Felipe doit déjà relever un double défi : remonter au classement demain (il aura toute liberté dans sa stratégie et notamment dans la quantité d’essence à embarquer au départ) pour marquer des points dès la première course, et rayonner dans l’écurie malgré ce coup du sort. A la façon d’un certain Schumacher, qui savait galvaniser les troupes de Maranello dans l’adversité.
Lewis Hamilton complète le carré d’as de la première grille de départ de l’année. Le jeune Britannique, néophyte dans la discipline et qui a la lourde tâche d’intégrer la F1 aux côtés d’un ogre nommé Alonso, a continué de faire grosse impression. Sans effort apparent mais au contraire avec classe et talent. Lewis ne concède que 0,2 seconde à son glorieux partenaire et devance une autre étoile montante du sport, Robert Kubica, alors que celle de Renault, Heikko Kovalainen, a perdu de son éclat en ne parvenant pas à franchir l’obstacle de a deuxième phase des qualifications.
Malgré quelques alertes (dont la plus sérieuse fut une boîte de vitesses récalcitrante au début des Q2), Toyota place ses deux monoplaces dans le top 10 (seules McLaren et BMW peuvent en dire autant), mais la véritable sensation de la première grille de départ de l’année vient de Takuma Sato et Super AguriF1, qui se sont invités dans la séance de la Super Pole et s’installeront à l’extérieur de la 5è ligne, au nez et à la barbe des Honda !
Une course, deux vainqueurs !
Par définition, un Grand-Prix ne s’offre qu’à un pilote. Pourtant, le Grand-Prix d’Australie, première manche du championnat du monde de Formule Un 2007, a sacré et consacré deux phénomènes aujourd’hui sur le circuit de l’Albert Park.
Sur la plus haute marche du podium, vainqueur mathématique, Kimi Räikkönen, exultant comme jamais iceman ne l’avait fait lors de ses 9 précédents succès.
Comme il n’a cessé de le souligner à tous ceux venus le féliciter et recueillir ses impressions à chaud, le Finlandais ne pouvait rêver de meilleure entame pour sa nouvelle carrière de ferrariste. Une victoire dès sa première course en rouge, histoire de définitivement consommer un divorce McLaren, même Prost ne l’avait pas fait. Le français avait dû attendre la 2è manche (Brésil 1990) pour verser une larme de bonheur et de plénitude. Pari gagné !
Ferrari et Kimi sont sur la même longueur d’onde. Quoi que… « Ma radio était cassée dès le départ et les choses se sont donc un peu compliqué » sourit Räikkönen, qui n’avait plus goûté au champagne du vainqueur depuis Suzuka 2005, « Nous avions une feuille de route bien évidemment, nous l’avons respecté et même si tout n’était pas aussi confortable que possible, ça s’est bien passé. J’ai pris un bon départ et j’ai pu immédiatement forcer l’allure et m’échapper. Arriver dans l’équipe et gagner sans attendre est fabuleux. Je savais que, cette année, j’aurai le matériel pour gagner chez Ferrari. Il faut maintenant continuer de le faire ! »
A la gauche de Räikkönen sur le podium, vainqueur moral de son équipier et conquistador du cœur de la Formule Un, Lewis Hamilton. Le néophyte Britannique a livré une prestation étincelante en Australie pour sa première apparition en course. Terminer sur le podium de sa première course F1 n’est pas une première ; mais dominer son double champion du monde d’équipier, alors que l’on découvre tout de la discipline reine, est une autre paire de manche ! De la sienne, Lewis a sorti un atout maître dès le départ, en mystifiant Alonso par l’extérieur après avoir compris que passer par l’intérieur était un combat perdue d’avance. Pendant que Fernando jouait la carte de la prudence derrière une BMW, celle de Nick Heidfeld, qui avait jailli tel le diable de sa boîte, Lewis abattait un joker sous le nez de l’Asturien et le débordait à la manière d’un vieux briscard. Une manœuvre limpide, dosage parfait d’agressivité et d’assurance.
Alonso n’était pas au bout de ses peines. Lui qui avait pour habitude de laminer son compagnon d’écurie, n’a jamais été en mesure de porter une attaque sur Hamilton. Pire, c’est Lewis qui par moment, a fait mine de s’échapper. Fernando ne trouvera finalement l’ouverture qu’à la faveur des derniers ravitaillements, à moins de 15 tours de l’arrivée. Une consigne McLaren ? Il faudra attendre qu’il y ait prescription pour le savoir avec certitude. Hamilton, loyal envers Ron Dennis et McLaren sans lesquels arriver au sommet aurait été moins facile, à l’époque où l’argent manquait, conserve la trajectoire idéale au moment de répondre à l’affreux soupçon, « C’est un jour fantastique et un sentiment fabuleux pour mon premier GP. La pression était importante avec Fernando dans mes rétroviseurs, mais tout se passait bien. Malheureusement, il a pu me passer. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé… j’ai perdu du terrain sur Fernando, peut-être le fait de retardataires. »
La McLaren n°1 s’est immobilisée aux stands deux secondes de moins que sa sœur (et un tour plus tard) lors de la dernière salve de ravitaillements. Lewis a-t-il raté son tour de sortie après son pit stop ? Non, 1:30.673 contre 1:32.352 pour Alonso. Avant de s’engouffrer dans l’allée des stands, Hamilton n’a-t-il pas su forcer l’allure, dans une phase de course devenue essentielle en F1 moderne ? Non, 1:26.6 pour le Britannique contre 1:26.499 pour l’Espagnol. Au final, l’honneur d’Alonso est sauf et c’est probablement mieux ainsi pour McLaren.
Malgré sa victoire, Räikkönen ne permet pas à Ferrari de prendre la tête du championnat Constructeurs. Il manque un point à la Rossa pour éviter à McLaren ne lui passer devant. Ce n’est pas faute d’avoir essayer. Parti de la 22è position sur la grille de départ, Felipe Massa a cravaché son cheval cabré de l’extinction de la rampe des feux jusqu’au drapeau à damiers. Las, le Brésilien s’est heurté à un mur Honda en début de course. Il accusait un retard de 48,6 secondes sur le leader au 11è passage et n’avait d’autre choix que de calquer son rythme sur celui du bouchon Button, qui tournait dans la fenêtre des 1:30 pendant que Räikkönen était quatre étages au-dessus (1:26.577 au 10è tour, 1:26.208 une boucle plus loin).
Avec beaucoup d’essence à bord et la nécessité de ne pas fusiller ses pneus – il avait opté pour une stratégie à un seul pit stop, contrairement à tous ses adversaires – Felipe Massa a dû prendre son mal en patience. Une fois la voie dégagée, le Brésilien a enchaîné les tours rapides, est remonté au 6è rang et a fondu sur Fisichella. Tenter le diable n’aurait pas été sage dan l’optique du championnat. Les 3 points de la 6è place pourraient être précieux au moment du décompte final.
Nico Rosberg et Ralf Schumacher complètent le top 8. Entre la maison mère et son partenaire Williams, Toyota marque 3 points avec deux voitures, et Jarno termine à la porte des points. Un tir groupé encourageant pour l’écurie de Cologne, qui a fait preuve de fiabilité et de constance en course. Pour Honda le scénario catastrophe s’est en revanche confirmé. Brillamment qualifié dans le top 10, Sato n’a pu rééditer son exploit en course, et les deux RA107 de Button et Barrichello n’ont jamais été en mesure de suivre le rythme du petit train lancé à la poursuite des meilleurs. Autre déception de la journée, Heikki Kovalainen, parti à plusieurs reprises à la faute dans les graviers, et qui termine l’épreuve au 10è rang. L’échec est d’autant plus flagrant que dans le même temps, un autre rookie faisait des merveilles, près d’un tour devant lui...
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