Qualifications : La revanche de Massa
[align=justify]Turquie, Japon, Brésil étaient déjà au palmarès de Felipe Massa dans la catégorie pole position ; le Brésilien a rajouté Sepang à son tableau de chasse à l’issue d’une séance qualificative sans surprise quant à sa hiérarchie finale mais qui permet au pilote Ferrari de prendre sa revanche sur le sort après sa déception de Melbourne, où sa boîte de vitesses l’avait privé de qualifications.
A Istanbul et Interlagos, Felipe avait converti sa pole position en victoire. Ce scénario serait idéal pour le Pauliste et pour l’intérêt du championnat, où Massa accuse un retard de 7 points sur Kimi Räikkönen et de 5 points sur Fernando Alonso. Si la pole position de Massa est d’une logique implacable tant Felipe a globalement dominé les débats depuis l’ouverture du week-end Malais, la rébellion du champion du monde en titre a fait frémir le Brésilien. Auteur du meilleur chrono de la deuxième phase des qualifications – qui est aussi le meilleur temps du week-end et qui échoue à seulement 217 millièmes de seconde de la pole position 2006 (Fisichella, 1:33.840) – Fernando Alonso a poussé la révolte jusqu’à faire chuter un cheval cabré (celui de Kimi Räikkönen) et à s’approcher à moins de 3 dixièmes de seconde du pur-sang de l’après-midi.
La quantité d’essence embarquée par chacun des ténors pourrait, en partie, expliquer la performance d’Alonso – qui creuse un écart suspect car anormalement grand sur Hamilton – mais la McLaren Mercedes a aussi et surtout bénéficié des évolutions concoctées à Woking la semaine dernière et supervisées par l’Asturien. Alonso a gagné son premier pari, celui de s’intercaler entre les deux Ferrari et de se propulser sur la première ligne de la grille de départ. S’il parvient à devancer Massa à l’extinction des feux demain, le Brésilien – dont le seul point faible demeure sa relative faiblesse à dépasser vite et bien en course – aura fort à faire pour mettre au pas Fernando.
Räikkönen et Hamilton seront blottis derrière l’aileron arrière de leur chef de file, mais ce sont les deux Ferrari qui prendront place sur la partie propre de la piste.
Mais le véritable exploit de la journée est le fait de Nico Rosberg, 6è meilleur performeur des qualifications et intercalé entre les deux BMW de Heidfeld et Kubica. Le jeune Allemand a pris un abonnement aux avant-postes depuis le début du week-end Malais et après sa belle remontée à Melbourne qui lui avait permis d’ouvrir le score de Williams Toyota, Nico est en position idéale pour franchir une nouvelle fois la ligne d’arrivée dans le top 8 synonyme de points. Ce sera également l’objectif des deux Toyota TF107 de Ralf Schumacher et Jarno Trulli, une nouvelle fois tous deux en lice dans la séance de la Super Pole.
La déception du jour vient des deux Renault, interdite de top 10. Partenaires d’écurie et de voyage en enfer, Fisichella et Kovalainen ont perdu pied en Q2. L’Italien a mollement amélioré son premier chrono (de 1:35.722 à 1:35.706) et Kovalainen, le couteau sous la gorge, a ruiné sa dernière chance en mettant deux roues dans l’herbe dans son dernier run. Webber fut son bourreau de dernière minute.
Pas de miracle pour Honda cet après-midi sur un circuit de Sepang qui met en exergue les vertus des châssis grâce à la variété de ses virages, et notamment à ses grandes courbes rapides où la RA107 est particulièrement instable. Seul un orage aurait pu permettre à Button et Barrichello de ne pas boire la tasse. Le Brésilien a bu le calice jusqu’à la lie en ne parvenant pas à passer le cap des Q1.[/align]
Course : Un doublé McLaren historique
[align=justify]Toute l’équipe McLaren Mercedes avait rendez-vous avec l’histoire, cet après-midi sur le circuit de Sepang, en Malaisie. Le doublé signé par Alonso et Hamilton restera gravé dans le marbre de l’histoire de la F1 comme l’un des plus emblématiques de ce début de millénaire.
L’ère post Schumacher s’ouvre sur l’éclosion et la confirmation de talents hors normes, à commencer par celui de Fernando Alonso, qui remporte son 16è succès, le premier de McLaren Mercedes depuis 2005. Lewis Hamilton permet aux flèches d’argent de signer le premier doublé de la saison, et de cristalliser la domination de McLaren Mercedes en course, supériorité qui était resté invisible lors des essais libres du Grand-Prix de Malaisie. Lewis est le premier pilote depuis 1964 à grimper sur deux podiums pour ses débuts en compétition !
De l’envol d’Alonso par rapport à Massa et de celui d’Hamilton par rapport à Räikkönen dépendait a priori une grande partie de l’issue du premier relais de course. Les flèches d’argent ont tapé dans le mille et transpercé le cœur des chevaux cabrés. De la pole position, Massa a glissé au 3è rang dans le premier tour, incapable d’empêcher les deux McLaren de se positionner au même rang que leurs numéros de voiture.
« Le départ a fait la différence, je me suis retourné et j’ai vu que Lewis était en 2è position. Notre principale chance de gagner aujourd’hui était de prendre un bon départ » expliquait Fernando après son succès à Kuala Lumpur, des terres qui réussissent particulièrement bien à l’Asturien qui avait conquis ici la première pole de sa carrière en 2003. « J’étais côte à cote avec Felipe, j’ai résisté, mon équipier était 2è, c’était plus facile pour prendre large. »
Alonso a rapidement pris le large à raison de près d’une seconde au tour. Lewis protégeait-il son leader, qui semblait parti pour une ballade de santé dans la fournaise de Sepang ? Pas vraiment… « Facile ? C’est toujours difficile ici car l’équilibre de la voiture n’est pas constant, en fonction de la quantité d’essence et de la nature et l’état des pneus. Nous avions effectué des séries de longs runs en essais libres pour apprendre le comportement des pneus, nous en avons beaucoup appris sur le sujet » poursuit Alonso, « Ce n’était pas facile non, mais j’ai pu me relaxer un peu avec 15 secondes avance. »
2 puis 5 et bientôt 10 secondes derrière la McLaren numéro 1, la n°2 faisait de la résistance. Lewis Hamilton contrecarrait les assauts de Massa, visiblement plus rapide que le Britannique en début de relais, mais aussi plus prompt à commettre des fautes. A la manière d’un vieux briscard et avec une assurance folle, Lewis tendît un piège à Massa… « Ce fut la couse la plus difficile que j’aie jamais disputée » avouait Lewis à sa descente de voiture, « J’avais deux gros lobes rouges dans mes rétroviseurs, les Ferrari étaient plus rapides que moi et j’avais du mal à les conserver derrière moi. J’ai pu contrôler certaines tentatives puis j’ai fait tomber Felipe dans un piège, au freinage, il a plongé et j’ai décroisé » sourit Lewis, fier de l’embuscade qui aura mis en exergue la seule faiblesse de Felipe Massa, la capacité à se défaire d’adversaires en course. Ce n’est pourtant pas faute de Vmax : Felipe avait la meilleure du jour, avec 302km/h contre 295 pour les McLaren. « Puis il est sorti de la piste, ça m’a donné de l’air. Je n’avais plus de rouge dans les rétroviseurs… puis ce fut au tour de Kimi en fin de course. Il faisat de plus en plus chaud, je n’avais plus à boire depuis la mi-course et je me suis concentré pour ne pas faire d’erreur. Il était difficile de savoir où était Kimi, puis soudain il était à 6 secondes de moi et me reprenait 0,5 seconde à chaque tour. J’ai attaqué, j’ai puisé dans mes réserves et mes ressources, sans faire d’erreur et en étant constant. »
Massa exclu de la bagarre aux avant-postes, Räikkönen prît le relais, sans pouvoir porter de véritable attaque sur Hamilton. La F2007 était de manière incompréhensible moins rapide que la MP4-22 en configuration course. En pneus tendres comme en durs. Côté stratégie, tous les pilotes du top 8 hormis Trulli avaient opté pour la même : gommes tendres pour les deux premiers relais, dures pour le dernier. Le salut de la Scuderia ne pouvait donc venir des stratégies. Il ne vint de nulle part.
Les rôles étaient inversés par rapport à Melbourne : à McLaren la vedette à Ferrari l’obligation d’apprendre les vertus de la patience et d’engranger de gros points en attendant des jours meilleurs. Contrairement à Massa, Räikkönen y est parvenu. « Je suis content de prendre des points, mais je suis déçu par l’issue de la course. Il fallait faire un compromis sur trop de paramètres pour avoir bons réglages, c’est comme ça, le plus important est de marquer autant de points que possible, on ne pouvait pas faire mieux » expliquait Räikkönen, fataliste mais très bien placé au championnat et en position de planter la prochaine banderille dans le cuir de l’Asturien, à Bahreïn ou pourquoi pas en Espagne, où il l’avait laminé en 2005.
Au soir de Sepang, Massa est le grand perdant du début de saison ; trahi par sa mécanique en Australie, il a été happé par un excès de précipitation en Malaisie – il est le seul des pilotes du top 10 à avoir perdu des places sous le drapeau à damiers par rapport à sa position sur la grille de départ. La bagatelle de 4 positions ! Felipe n’est toujours pas monté sur un podium en 2007. Ils sont trustés par le trio magique Alonso/Hamilton/Räikkönen. Le Pauliste devra se refaire une santé morale avant Bahreïn, et se remettre en selle après être tombé de son cheval cabré en Malaisie. En fin de course, échaudé par son erreur du début de course Felipe préféra ne pas prendre le risque d’attaquer Heidfeld pour le gain de la 4è place. D’autant que Nick força l’allure au bon moment, enregistra ses meilleurs tours en course en fin d’épreuve, et s’installe confortablement à la 4è place au classement général provisoire au championnat.
Derrière Massa, les Renault et Wurz ont effectué la plus belle remontée de l’après-midi. L’Autrichien a repris le flambeau de Nico Rosberg, flamboyant combattant en course comme en qualifications. L’Allemand fut le seul à essuyer une casse mécanique dans la canicule de Sepang, alors qu’il était au 6è rang. Wurz n’a pu se hisser dans les points, contrairement aux Renault, 6è et 8è, qui prennent Trulli en Sandwich. L’Italien convertit sa belle qualification en points, ses deux premiers de la saison.
Prochaine épreuve, Bahreïn, le week-end prochain. Une fois encore dans la fournaise et sans possibilité pour les écuries de travailler sur des évolutions de leur package et de les introduire en course dans le désert de Manama.
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