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2007 - Chine

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Messagepar Neo57 » Mar Oct 09, 2007 11:50 am

[align=justify]Qualifications : Hamilton sur une voie royale

En décrochant la 6è pole position de sa carrière, Lewis Hamilton ne s’est pas seulement propulsé au rang de meilleur homme sur un tour de l’année 2007 (Massa compte 5 pole positions, Räikkönen 3 et Alonso 2), le Britannique s’est aussi placé sur une voie royale pour coiffer sa première couronne mondiale au soir du Grand-Prix de Chine. La victoire n’est en rien promise à Hamilton car les deux Ferrari sont à l’affut et étaient plus lourdes que lui en Q3, mais une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, à sa 6è pole positon s’est greffée la déroute d’Alonso, 4è sur la grille de départ avec la même stratégie que son équipier.

Après le stress né de l’épée de Damoclès – une convocation par le collège des commissaires pour s’expliquer sur son comportement derrière le safety car lors de la seconde neutralisation du GP du Japon – qui planait au-dessus de sa tête et qui aurait pu trancher la tête à son capital points ou à sa position sur la grille de départ du GP de Chine, Lewis a piloté relâché, en confiance et au sommet de son art et ne cachait pas un sentiment de délivrance. « Ce week-end c’est un peu les montagnes Russes après la plénitude de Fuji. Je suis arrivé ici Jeudi en découvrant que j’étais convoqué pour l’incident qui avait eu lieu à Fuji derrière la voiture de sécurité et je pensais que j’allais écoper d’une pénalité » avoue Hamilton dans un rictus de soulagement et de douleur morale à la fois. « J’ai pu surmonter cet instant difficile grâce au soutien de l’écurie mais hier j’avais des idées noires dans la tête, je n’avais pas l’esprit tranquille et il était difficile de rouler. Je suis arrivé avec la crainte de ne pas être dans le rythme des Ferrari et de Fernando, mais j’ai réussi à me ressourcer et je suis ravi de me retrouver en pole ! »

La pole position de Lewis s’est dessinée entre les Q2 et Q3, lorsque son écurie a peu rempli le réservoir de sa MP4-22. Rentré ravitailler un tour avant ses principaux rivaux – à la fin du 2è tour du warm up des Q3, Schumacher, Webber et Kubica l’ont imité – Lewis a dévoilé sa stratégie dès son premier tour en pneus durs avec un chrono (1:36.610) très proche de ceux des Ferrari (1:36.221 pour Massa, 1:36.548 pour Räikkönen). En chaussant les gommes tendres pour son 2è run, la flèche d’argent – qui parvient à tirer la quintessence de ses enveloppes dès le 1er tour lancé – avait le potentiel pour briguer la pole position. Le mieux n’a pas été l’ennemi du bien : 1:36.908 ! Un chrono qui s’approche à 10 millièmes de seconde de la performance du Britannique en Q2, lorsque les monoplaces sont très légèrement chargée en essence.

« Je savais que si je n’en faisais pas trop je serais capable de sortir un grand tour » poursuit Lewis, « J’ai l’impression que les pneus durs sont plus constants, mais je ne savais pas lesquels seraient les plus performants en Q3. J’ai pris le risque de monter les tendres pour le dernier run, l’auto était parfaite ! » jubile Hamilton pendant qu’Alonso voit s’éloigner ses chances de contraindre Hamilton à aller chercher sa couronne au Brésil.

Le double champion du monde a craqué sous la pression. La MP4-22 n°1 était calibrée comme sa sœur, programmée pour aller chercher la pole position et se placer au minimum devant les Ferrari. Les deux pilotes McLaren avaient été renvoyés dos à dos à l’issue du 1er run en pneus durs : 15 centièmes de seconde les séparaient. Dans sa dernière tentative, entamée également en gommes tendres et alors que son équipier était en train signer son exploit quelques centaines de mètres devant lui, Fernando savait qu’il devait signer une performance digne de ses plus belles qualifications Renault, lorsque la pression glissait sur lui, qu’il était le patron du peloton. Avec 15 centièmes de retard sur Hamilton au sortir du premier secteur, Alonso a voulu frapper fort dans le second, il y a tout perdu. Une erreur et 4 dixièmes de seconde s’envolent en même temps que la première ligne de la grille de départ.

Alonso doit espérer un miracle pour empêcher Hamilton de devenir Empereur de la F1 en Chine. Il viendra peut-être sous la forme de la queue d’un typhon, qui annonce rafales de vent et pluies continues le jour du Grand-Prix.

Dans le clan Ferrari on a fourbi ses armes pour la course avec une autre approche que celle de McLaren Mercedes. Kimi Räikkönen n’a pas déçu contrairement aux apparences. Meilleur performeur des 3 séances d’essais libres et des 2 premières phases des qualifications, le Finlandais devait composer avec une surcharge en carburant lors des Q3. Kimi affichait d’ailleurs une belle confiance à l’issue des qualifications. « J’étais rapides hier et en qualifications aussi, comme on a pu le constater en Q1 et Q2 » explique Kimi, « Je suis très content de l’auto et de son comportement, je pense qu’elle sera efficace en course. S’il pleut demain ? Je pense que le problème de la visibilité sera moins prononcé que le week-end dernier » conclut Räikkönen en laissant entendre que suivre le leader et lui porter une attaque sera une entreprise moins ardue qu’à Fuji.

L’autre jockey du cheval cabré détenait la pole position provisoire au terme de la première salve de tours rapides. Mais un dernier secteur moins tranchant a interdit Felipe d’améliorer son chrono sous le drapeau à damiers.

Derrière les deux top teams Red Bull Racing crée la sensation en s’emparant du rôle jusque là dévolu aux BMW Sauber, celui de ‘meilleure des autres’. La monoplace de Milton Keynes profite des rafales de vent (jusqu’à 5 mps) qui ont un effet très marqué sur sa stabilité. A Shanghai contrairement à Silverstone, l’effet est bénéfique. Ralf Schumacher s’intercale entre les deux RB3 de Coulthard et Webber et confirme les prétentions de la TF107 équipé d’un nouveau fond plat qui lui a fait faire un bond en avant depuis hier.

Dans la seconde partie du tableau, certains outsiders ont pris le pari de sacrifier les qualifications pour miser sur la course qui, contrairement aux qualifications et à en croire toutes les prévisions météorologiques, se disputera sur une piste détrempée. Nico Rosberg (16è alors que l’Allemand est un abonné au top 10) et les deux Renault (14è et 18è, Fisichella n’a pas survécu aux Q3 !) feront la danse de la pluie ce soir.

Course : Victoire de Räikkönen, Hamilton dans l’œil du cyclone

Quel que soit le champion du monde de Formule Un 2007, il ne possèdera pas plus de victoires que Kimi Räikkönen, étincelant vainqueur d’un Grand-Prix de Chine à l’intensité folle et au dénouement dramatique pour Lewis Hamilton, piégé dans un bac à graviers alors qu’il rentrait aux stands changer un pneu déchiré. En montant sur la 2è marche du podium devant Felipe Massa, Fernando Alonso fait faire un bond à ses chances de coiffer une 3è couronne mondiale. L’Espagnol ne sera pas maître de son destin à Interlagos dans 2 semaines puisqu’une victoire ne lui suffira pas – il lui faudra marquer 4 points de plus qu’Hamilton – mais il reste maître de sa communication en toute circonstance et n’a pas manqué d’écorcher une nouvelle fois son écurie en conférence de presse.

« Il ne sera pas facile de reprendre 4 points à Lewis au Brésil, mais j’espère que nos performances respectives seront similaires pour que je puisse me battre et faire une bonne course » a déclaré Alonso en laissant une nouvelle fois planer le doute sur l’intégrité de son écurie et l’application de la règle que Ron Dennis veut en or pour les flèches d’argent : l’équité sportive. « Il faudrait une course folle au Brésil, un miracle pour que je sois champion » conclut plus sagement Alonso.

S’il est des courses dont le dénouement est connu au soir des qualifications – Monza, Istanbul ou Spa – le Grand-Prix de Chine a multiplié les scénarii au gré des modifications des conditions d’une piste soumise à la queue du typhon Krosa de catégorie 4 et générateur de pluie et de rafales de vent. Le casting s’offrait une nouvelle tête d’affiche à chaque rebondissement et Shanghai aurait pu accoucher d’une surprise de premier ordre. Comme lorsque Webber et Wurz, les premiers à chausser les pneus rainurés après 22 tours sagement bouclés en pneus intermédiaires, tournaient autour de leurs collègues prudents et patients. Massa les imitait au 26è tour, mais une averse viendra doucher ses espoirs un tour plus tard !

Ou encore comme lorsque Kubica prenait la tête de l’épreuve alors que Räikkönen patientait jusqu’au 32è tour pour troquer ses pneus intermédiaires contre des rainurés tendres. Le Polonais, déjà chaussés en gommes tendres, avait achevé le tour précédant en 1:42.246 contre 1:50.720 pour le Finlandais ! Il filait sous le nez de Räikkönen lors de la sortie des stands de ce dernier, et maintenait la cadence. Au 34è passage, sa boîte de vitesses rendait l’âme (la 3è casse de cette nature ce week-end !).

La victoire aurait aussi et bien sûr pu s’offrir à Lewis Hamilton. Impeccable en qualifications, le leader du championnat l’était pendant une quinzaine de tours qu’il passait à marteler le bitume de Shanghai en se ménageant une avance nécessaire et suffisante pour conserver le leadership après la première salve de ravitaillements, qu’il a lui-même ouverte au 15è tour. Ce ne sont pas les fabuleux tours enchaînés par Räikkönen (1:43.853 au 18è tour alors que ses poursuivants tournaient en 1:45), alors 2è devant Massa et Alonso, qui lui ont permis de combler le déficit de 8.6 secondes qui était le sien au 14è passage. Au 20è, à l’issue d’un tour de sortant particulièrement incisif (2:08.564 contre 2:10.823 pour Hamilton et 2 :10.211 pour Alonso), Kimi n’accusait plus que 4 secondes de retard.

Le scénario retenu par Shanghai fut finalement le plus dramatique pour Lewis Hamilton. L’agonie de son pneu arrière gauche avait pourtant donné des signes avant-coureurs : 1:46.098 au 26è tour pour le Britannique, contre 1:44.649 pour Räikkönen. Visuellement le délaminage se précisait au 29è tour alors que Räikkönen venait de s’emparer de la tête de la course. Le tour suivant Lewis perdait 6 secondes sur Kimi (1:50.424 / 1:56.885) et le pilote McLaren et son écurie décidait enfin de rentrer aux stands pour stopper l’hémorragie. Lewis n’y arrivera jamais ! En perdition sur une piste humide et avec une monture blessée et en perte d’adhérence, Hamilton est allé ensabler son titre mondial dans un bac à gravier attenant aux stands, alors qu’il venait de s’engager dans l’allée libératrice. Les commissaires ont bien tenter d’accéder à sa demande en poussant la MP4-22, mais rien n’y fît. « C’était une décision commune » a honnêtement avoué Lewis en évoquant l’attente coupable avant le ravitaillement, sans montrer du doigt son écurie, qui semblait pourtant paralysée par l’enjeu et qui aurait dû – forte de son expérience et avec pour perspective une couronne mondiale, réagir vite et bien. « Ça fait partie du processus d’apprentissage » poursuit Lewis, philosophe et même humaniste lorsqu’une fois sa combinaison et son casque rangés il est venu donner l’accolade à toute son équipe.

Dans le clan Ferrari la sérénité a au contraire prévalu. « J’ai anticipé personnellement la décision de rentrer aux stands » explique Räikkönen, « Je sous-virais énormément et mon pneu avant gauche était usé. Après mon premier pit stop, je savais que Lewis était en difficulté, ma voiture était performante mais il y avait beaucoup de drapeaux jaunes qui m’interdisaient de le passer » explique Iceman qui a gardé son sang-froid en toute circonstance – un dépassement qui lui tendait les bras lui aurait coûté une pénalité de 25 secondes, ou un drive through. « Une fois débarrassé de lui j’ai pu prendre l’ascendant et le large. Les conditions étaient OK, j’avais un équilibre correct, qui évoluait en même temps que les conditions de piste, très piégeuses. C’était parfois difficile de s’écarter de la trajectoire pour dépasser, mais tout a bien fonctionné et l’équipe a fait un travail remarquable. Puis lorsque la piste a séché j’ai passé les pneus rainurés et j’ai attaqué. Ça a bien marché ! Sur la fin Alonso attaquait et il fallait rester vigilant. Nous n’avions pas les mêmes pneus et je ne savais pas si les siens étaient plus performants. J’ai donc continué d’attaquer. »

Pour Alonso, la carotte était trop belle : s’il faisait un sort la 2è F2007 après avoir déjà passé en piste la 1ère au 26è tour, il revenait à 2 points d’Hamilton au championnat et était maître de son destin à Interlagos. Il ne manquait pas grand-chose au champion du monde en titre, un degré d’aileron… « Avec Felipe c’était une belle course au début. Dans les virages 1 à 4 ont était cote à cote et on pouvait perdre gros mais je voulais terminer ce premier tour devant lui ! » explique Alonso, « J’ai raté mon coup et j’avais trop d’appuis en début de course, je perdais beaucoup en vitesse de pointe et je n’avais aucune chance de dépasser en ligne droite. On a modifié le braquage des ailerons lors de mon 1er pit stop et tout allait mieux. J’ai retrouvé Felipe en sortant des stands. C’était très chaud dans le 1er virage car je sortais des stands avec des pneus neufs, mais une partie de la piste était humide et il fallait que je m’applique à rester sur le sec et à envoyer Felipe sur le mouillé. »

Le suspense hitchcockien qui se tramait aux avant-postes et qui relance le championnat du monde ne doit pas occulter l’autre exploit de la journée, celui de la Scuderia Toro Rosso. Passée près d’un résultat tonitruant à Fuji, l’écurie de Faenza a marqué 8 points d’un coup et passe de la dernière à la 8è place du championnat Constructeurs, devant Honda Racing. Le châssis concocté par Adrian Newey gomme ses défauts – une répartition des masses accentuée sur l’arrière et une aéro trop sensible – sur une piste humide.

La finale du championnat élira donc le champion du monde 2007. Elle se jouera à 4 – Hamilton, Alonso, Räikkönen peuvent être titré, Massa pourra aider son équipier. A Interlagos à cette époque de l’année il pleut souvent. La preuve ? La semaine du Grand-Prix du Brésil doit débuter sous les averses, prévoient la grenouille de Sao Paulo !
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Messagepar Race One » Mar Oct 09, 2007 7:15 pm

Grand Merci à Néo pour ces grands résumés !!!
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Messagepar Neo57 » Mer Oct 10, 2007 10:56 pm

Mais de rien
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