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2007 - Canada

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Messagepar Neo57 » Mar Juin 12, 2007 8:16 pm

[align=justify]Qualifications : La première pole d’Hamilton !

Lewis Hamilton a signé la première pole position de sa carrière F1 sur le circuit Gilles Villeneuve, au prix d’un ultime rush étincelant qui aura permis au Britannique de prendre l’ascendant chronométrique mais aussi psychologique sur Fernando Alonso. Dans son plus pur style matinée d’une agressivité légèrement contenue, le champion du monde était l’homme fort des Q3 alors que le compte à rebours affichait 0.

En piste en même temps que les Ferrari – qui avaient collectionné 4 pole positions en 4 courses avant Monaco – les McLaren ont rapidement fait passer les monoplaces rouges au second plan. Le duel à distance Hamilton/Alonso semblait devoir une nouvelle fois tourner à l’avantage de l’aîné. En tête dans les deux premiers partiels, Alonso tombait dans l’approximation dans la dernière portion du tracé, qu’il bouclait en 31,0 secondes, contre 30,2 pour Hamilton. La pole était au bout du museau de la MP4-22 n°2 !

Les flèches d’argent signe un doublé d’autant plus lourd de conséquence que les F2007 sont toutes deux devancées par la F1.07 de Nick Heidfeld. Contrairement à Monaco, BMW n’a pas mis ses œufs dans le même panier et l’Allemand bénéficie pleinement de la nouvelle tactique proposée par son employeur. Il sera demain le premier rempart des MP4-22 contre les F2007, passablement efficace sur un tour lancé en pneus tendres malgré la virtuosité et les trésors d’adresse déployés par Räikkönen et Massa.

Hamilton a-t-il fait le plus dur comme Alonso l’avait fait à Monaco ? Non, trois fois non. Le circuit bâti sur le site de l’Exposition Universelle 1967 est propice aux dépassements et le premier relais de la course donnera une indication sur les stratégies de McLaren Mercedes : Lewis a-t-il comme depuis Melbourne plus d’essence qu’Alonso à bord ? Si c’est le cas et s’il boucle le premier relais en tête, alors oui il aura fait le plu dur.

Q1 :

Ralf Schumacher et Jarno Trulli sont les premiers à partir à l’assaut du chronomètre. Le mercure affiche 25°C dans l’air, plus du double au sol, soit la plus forte température du à ce point du déroulement du week-end Canadien.

Si le thermomètre est favorable aux TF107 – qui avaient souffert de la fraîcheur à Monaco, incompatible avec la meilleure fenêtre d’exploitation de leurs gommes – le baromètre est dans une zone dépressionnaire : les problèmes de suspension des monoplaces de Cologne forcent Jarno et Ralf à se montrer prudents sur les vibreurs du circuit Gilles Villeneuve. Leurs premiers temps, 1:18.929 pour l’Allemand et 1:19.282 (à plus de 3 secondes du meilleur temps de la matinée), laissent craindre le pire pour les deux hommes. Le fait que la modeste Spyker F8-VII (1:19.769) leur colle au train renforce les craintes.

Pendant que Coulthard est aux prises avec des problèmes de freins qui le contraignent à avorter sa première tentative, Kovalainen part à la faute et frappe violemment le mur à la sortie du virage 8, celui-là même où Alonso avait écrasé une autre Renault, la R25, alors qu’il s’impatientait derrière Fisichella. L’aileron arrière de la R27 et une partie du train arrière gauche ayant volé en éclat, les drapeaux rouges interrompent la séance à 8:58 de la fin des Q1.

Les gros bras se ruent en piste au même moment et Räikkönen signe en deux temps le meilleur chrono. La fin de la séance est aussi la fin des espoirs de Davidson, Ralf Schumacher, Kovalainen (Renault a réussi la prouesse de réparer la monoplace du Finlandais à temps pour le renvoyer en piste !), Wurz, Sutil et Albers.

Q2 :


La deuxième phase des qualifications apporte la confirmation de la domination des McLaren, qui s’emparent des deux meilleurs temps (Hamilton devançant Alonso). L’écart qui sépare les sociétaires de l’écurie de Woking avec les Ferrari devient un gouffre dans une séance hautement symbolique où tous les pilotes tournent à vide et en pneus ultra tendres. La partition entre le tandem McLaren et Massa est de 7 dixièmes avec Massa, elle grimpe à 1 seconde avec Räikkönen. Pire pour la Rossa : Heidfeld la devance à la régulière.

Les éliminés des Q2 sont sans surprise Takuma Sato, Couthard les deux Toro Rosso et les deux Honda.

Course : Le Roi Lewis est né !


Lewis Hamilton est allé au bout d’un suspense mâtiné d’angoisse et de drame pour remporter son premier succès en Formule 1. Les multiples rebondissements d’une course interrompue à quatre reprises par la voiture de sécurité ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt : Lewis a bâti son triomphe de main de maître pendant que ses trois rivaux partaient tour à tour à la faute.

Il y avait 2 vainqueurs au Canada aujourd’hui, et 3 perdants. Outre Hamilton, Kubica est un vainqueur physique qui revient de loin. En heurtant la Toyota de Trulli au 27è tour – juste après un ‘restart’ consécutif à la première neutralisation motivée par la sortie de piste d’Adrian Sutil –, le Polonais s’est transformé en passager d’une F1.07 devenue folle. La BMW s’est fracassée contre le mur longeant la piste à l’abord de l’épingle. Le choc frontal, d’une violence inouïe, a fait perdre conscience à Robert, sauvé d’un arrachement des vertèbres cervicales grâce au système HANS. Partie en tonneau après le premier impact, la F1.07 a terminé son embardée contre le mur opposé après avoir traversé la piste. Il faudra de longues minutes pour extraire Kubica, de plus longues encore avant d’être rassuré sur l’état de santé de Robert : un pied cassé et de multiples contusions, une commotion cérébrale. Une indisponibilité de plusieurs semaines qui prend des allures de miracles en regard de la violence des impacts.

On aurait pu croire les rôles inversés sur le circuit Gilles Villeneuve, mais c’est bien le Britannique de 22 ans, rookie de son état, qui devait découvrir toutes les subtilités et dangers du tracé de l’île Notre Dame. Massa, Alonso et Räikkönen n’ont pas fait figure de vieux briscards en accumulant les erreurs coupables. Felipe a ignoré le feu rouge fermant la sortie de l’allée des stands en ressortant de son premier pit stop – une erreur qu’il paiera au prix fort en étant exclu de la course au drapeau noir, comme Montoya en 2005. Fernando s’est laissé piéger à 4 reprises au freinage du premier virage – dont une fois dès le départ, une bévue qui l’a vu rétrograder au 3è rang derrière son équipier et Nick Heidfeld. Le champion du monde en titre a en outre écopé d’une pénalité stop and go de 10 secondes pour avoir ravitaillé alors que le safety car était en piste (en vertu de la nouvelle législation des neutralisations, le ravitaillement en essence est interdit lorsque la course est sous régime de voiture de sécurité). Räikkönen a raté son départ et a chuté au 6è rang dès les premiers hectomètres de course.

Avant, après et entre deux neutralisations, Hamilton a parfaitement géré les évènements, tout comme Heidfeld, son dauphin du jour, une nouvelle fois irréprochable. « C’est une journée fantastique pour nous. Venir courir au Canada pour la première fois et alors que la saison avait déjà été fantastique jusque là, et remporter la victoire, est une grande satisfaction » explique Lewis, « Il faut jouer avec le régime moteur au départ, j’étais un peu en dessous du régime idéal et Fernando a essayé de me passer, mais il nous doublé à toute allure, et est sorti… Je savais que j’étais prêt pour la victoire, les safety car ont probablement rendu la course ennuyeuse, mais le principal st que Robert aille bien. Je lui souhaite un prompt rétablissement. Il fallait essayer de rester concentré derrière la voiture de sécurité, il ne fallait pas commettre de faute alors qu’il y avait des débris de gomme hors trajectoire. Je dédie cette victoire à mon Père. »

Même sentiment de plénitude du côté de Nick Heidfeld, soulagé que son équipier ait évité le pire, et tout heureux de monter sur son premier podium de l’année, le 7è de sa carrière. « C’est un moment très spécial. J’ai facilement doublé Fernando au départ puis je me suis retrouvé derrière Lewis. Le safety car est alors entré en piste et je n’ai pas été malchanceux sur ce coup-là » reconnaît Nick, qui venait, tout comme Hamilton, d’observer son premier pit stop avant la première neutralisation. «

Il fallait de la réussite, un coup de pouce du destin et une agressivité certaine mais contenue pour desserrer l’étau Canadien. 19è sur la grille de départ, Alexander Wurz est l’emblème d’un Grand-Prix fou, l’un de ceux que la F1 réserve une fois par année. L’Autrichien retrouve la 3è marche du podium pour la première fois depuis Imola 2005… où il n’avait pu monter sur le podium une fois la ligne d’arrivée coupée mais seulement sur tapis vert. « Monter sur le podium est toujours un rêve, il est devenu réalité alors que j’ai eu du mal à trouver le bon rythme tout au long du week-end » décrypte Wurz, « J’ai été chanceux car la voiture était difficile à piloter. Mais je n’ai pas fait d’erreur. Sur la fin, avec des pneus qui développaient du graining, Kovalainen grossissait dans mes rétroviseurs, c’était excitant, il fallait conserver un bon rythme. Cela fait 10 ans que je suis en F1, ça fait un peu bête mais je suis heureux d’être 3è ! »

En proie au graining de leurs pneus ultra tendres en toute fin de course, Räikkönen et Alonso ont souffert pour terminer l’épreuve, à tel point que l’Espagnol n’a rien pu faire pour contrer le retour de Takuma Sato et de sa Super Aguri chaussée en pneus durs.

Au championnat, Lewis Hamilton s’échappe et possède 8 points d’avance sur son champion du monde d’équipier. La dyarchie ne sera pas autorisée chez McLaren et l’écurie de Woking devra rapidement faire son choix entre Lewis et Fernando. Ron Dennis a toutes les cartes en main : le pilote auquel il permet de participer aux qualifications avec moins d’essence que son équipier prend invariablement l’ascendant sur son alter ego. Lewis avait l’avantage ce week-end, il a fait honneur à la confiance que McLaren avait placé en lui. En cas d’échec, McLaren aurait naturellement donné sa préférence à Alonso pour la suite du championnat. Mais au soir du GP du Canada, Lewis est le seul des 4 pilotes du carré d’as à n’avoir jamais commis de faute grossière en course…
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