Qualifications : Räikkönen mate Ferrari
La séance de qualifications du Grand-Prix d’Italie fut à la hauteur des espérances du public : une bagarre à tous les niveaux, des rebondissements, des surprises… et un ciel bleu vierge de nuages annonciateurs de pluie malgré les prévisions météorologiques qui menaçaient l’épreuve qualificative de pluies éparses. Une averse eut bien lieu, celles de performances en piste.
Avant le rush final, à 3 minutes du terme de la session, la lutte pour la Pole Position semblait devoir opposer les deux pilotes Ferrari et d’étonnantes BMW, très en verve à Monza depuis le début du week-end. Jusqu’à ce que le pilote d’Espoo ne fasse rimer sa ville natale avec Poole. Kimi avait été le moins prompte à prendre la piste dans la séance de la Super Pole, comme s’il était sûr du coup qu’il allait bientôt jouer aux favoris du championnat. Il avait devancé Michael Schumacher de 4 millièmes de seconde dans les Q2 (dominées par Massa et Kubica), il s’est contenté de la moitié dans la séance déterminant l’ordre de la grille de départ, à l’issue d’un rush final d’une beauté éblouissante qui l’a vu déposséder Michael Schumacher de la première position sur la grille de départ.
BMW avait signé sa meilleure qualification de la saison en Turquie avec les 6è et 9è chrono du tandem Heidfeld/Kubica. L’Allemand s’est chargé de donner un coup de turbo aux ambitions du constructeur de Munich en s’adjugeant l’intérieur de la 2è ligne de départ, devant Felipe Massa.
Le champion du monde en titre ? Victime d’une crevaison, Fernando Alonso a dû repasser par les stands, R26 blessée et amputée d’une partie de ses éléments aérodynamiques à l’arrière droit. Après un tour pour vérifier que tout tournait rond, l’Espagnol est ressorti des stands à 1:25 de la fin de la séance. Il coupait la ligne de chronométrage 3 secondes avant le terme de la session et alors qu’il n’occupait que le 8è rang (1:23.110). 1:21.829 il se hissait en 5è position en ayant préservé l’essentiel – ses chances de victoire et de podium – au contraire de son équipier, relégué au fond du top 10.
Interdits de top 10, les deux pilotes Toyota, Ralf Schumacher et Jarno Trulli, peuvent nourrir des regrets. La TF106B était très à l’aise à Monza la semaine passée, et laissait présager d’un meilleur résultat global. L’écurie de Cologne n’a pas dit son dernier mot et devrait être en mesure de viser des points demain en course.
En bas de tableau, la seule surprise vient de la contre-performance de Mark Webber, d’ordinaire très affûté dans le difficile exercice du tour lancé, et qui n’a pu éviter le couperet des Q1. La place laissée vacante par l’Australien dans le top 16 est tombée dans l’escarcelle de Scott Speed.
Course : Schumacher, la 90è Historique
Michael Schumacher ne pouvait pas espérer mieux de ce Grand-Prix d’Italie. Le circuit historique italien lui a offert un scénario à la hauteur de ses espérances et de l’évènement sous-jacent, sa retraite de la compétition, annoncée officiellement à l’arrivée. La victoire, longtemps savourée dans un tour d’honneur particulièrement lent, puis partagée avec son épouse et les membres de la Scuderia Ferrari, est d’autant plus forte que le septuple champion du monde n’a jamais été aussi proche d’un 8è sacre mondial : 2 points le sépare de Fernando Alonso, à 3 courses du terme du championnat.
Michael a construit sa 90è victoire avec patience et sérénité : en restant blotti dans le sillage du Poleman et leader Kimi Räikkönen lors du premier relais – sans risquer de se mettre à portée des turbulences aérodynamiques de la McLaren Mercedes. En forçant l’allure au moment des premiers pit stops qu’il savait lui être favorable grâce à un arrêt plus tardif que celui de son successeur chez Ferrari. En ne martyrisant pas sa machine dans le dernier tiers de la course, mais en calquant son rythme sur celui de son dauphin, l’opiniâtre Räikkönen, une fois de plus limité dans ses performances par son package auquel il donne des vertus insoupçonnées.
3è à 10 tours de l’arrivée, Fernando Alonso est ce soir tout aussi mortifié que Schumacher jubile. Rejeté sur la 10è place de la grille de départ, l’Espagnol fut égal à lui-même. 8è au premier virage, il bouclait le premier tour en 6è position et se retrouvait derrière Jenson Button qu’il ne parvenait pas à dépasser à la faveur des ravitaillements. Ressorti sous le nez de la R26 numéro 1 au 20è passage, Button ne parvenait pas à chauffer ses pneus suffisamment rapidement et se faisait prestement déloger de la 5è place par le leader du championnat.
Alonso a patienté jusqu’à la deuxième fenêtre de pit stops pour porter la double estocade suivante : Kubica et Massa étaient ses victimes, non consentantes mais balayées par la tornade des Asturies. Auteur d’un départ fracassant et d’une course sans faille Robert Kubica a effectué une course de vieux briscard, prouvant que les errances d’un Klien ne sont dus qu’à la valeur du pilote et non à sa jeunesse.
En Observant son 2è ravitaillement en même temps qu’Alonso (41è tour), Kubica espérait probablement éviter un douloureux dépassement aux stands et non en piste. Peine perdue. Le Polonais s’est retrouvé côte à côte avec le champion du monde en titre dans la voie des stands. Ce dernier a dû faire entendre raison au novice en demandant à son moteur le régime maximum. Au sortir de sa manœuvre, Alonso avait aussi et surtout brûlé la politesse à Massa, retardé lors de son dernier arrêt long de plus de 8 secondes (contre 6.3 pour le pilote Renault).
Las, deux boucles plus tard le moteur RS26 Spécification D flambant neuf partait en torche, dans laquelle se consumaient irrémédiablement les espoirs de podium d’Alonso. La 4è place de Fisichella – obtenue au terme d’une course d’attente, sans saveur et ne comportant qu’un pit stop - n’atténue par le désarroi du clan au losange. Renault perd son leadership au championnat Constructeurs et voit Alonso placé directement sous la menace de Schumacher.
En Italie, Honda n’avait pas mis ses œufs dans le même panier, mais le résultat final n’a pas départagé les deux duettistes de l’écurie de Brackley. Button et Barrichello terminent aux 5è et 6è rangs, séparés d’une dizaine de seconde. La 7è place revient à un Jarno Trulli très inspiré devant son public et qui offre deux points supplémentaires à Toyota, malheureusement insuffisants pour permettre aux hommes de Cologne de conserver la 5è place au championnat Constructeurs.
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Davidson explose son moteur
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