[align=justify][tmb]http://photobank.netzed.com/pictures//big/single/fis_pole_6sep_small.jpg[/tmb]
Le deuxième Grand-Prix de la saison fut aussi limpide que le premier avait donné lieu à une farouche bataille entre cinq constructeurs. Dans la fournaise de Sepang, pour McLaren, Honda et Ferrari c’était cuit dès le premier tour ! Le cinquième élément, Williams Cosworth, n’a pas tardé à griller ses chances en même temps que ses pistons. Avec l’abandon de Kimi Räikkönen dès le premier tour – victime d’une passe d’armes virile qui ne manquera pas d’attirer l’attention des commissaires de course –, les rétrogradations sur la grille de départ des Ferrari, la faiblesse de la MP4-21 aux mains de Montoya, l’inconstance de la Honda en course et Cosworth qui atteint ses limites, Renault avait la voie libre pour s’adonner à une lutte en interne sympathique, sans oublier d’assurer l’essentiel : un double doublé !
Premier doublé 100% Renault : celui de Fisichella et Alonso, le premier depuis le Grand-Prix de France 1982. A l’époque, le tandem Arnoux/Prost avait franchi la ligne d’arrivée en faisant grincer des dents. Le Grenoblois avait transgressé les ordres de sa direction en refusant de laisser passer son compatriote, mieux placé au championnat. Un quart de siècle plus tard, les choses se sont passées en douceur. Oui Alonso est mieux placé au championnat, non Fisichella n’avait pour consigne de s’effacer devant lui.
Le losange a intelligemment laissé la bride sur le cou de Giancarlo, tout en autorisant Alonso à rouler à bride abattue jusqu’à 5 tours du but, où la prudence commandait d’épargner la mécanique pour assurer le deuxième doublé, celui Bahreïn/Sepang. Renault est invaincue cette saison !
A l’extinction des feux, Fisichella s’arrache impeccablement de l’emplacement de la Pole Position en emmenant Button dans son sillage. De sa 8è place sur la grille, Alonso n’avait qu’un objectif en tête : gagner des places au départ pour avoir une chance de s’imposer malgré ses mésaventures des qualifications, où son ravitailleur défaillant avait contraint son équipe a doublement charger en carburant la monoplace du champion du monde. Mission remplie au-delà des espérances ! Au premier virage, Fernando pointe en 3è position, après un envol qui n’est pas sans rappeler le formidable avantage que le losange avait au départ en 2004. Derrière l’Espagnol, c’est le chaos. Les deux McLaren jouent des coudes, mais doivent également repousser les assauts de la paire allemande Rosberg/Heidfeld. La bousculade laisse Kimi sur le carreau.
En tête, Fisichella creuse le trou selon un plan de bataille bien rodé. Button ne peut suivre le rythme et laisse filer les dixièmes de seconde à chaque passage. Il accuse 4.2 secondes de retard au 10è tour. Trimbalant son double fardeau de carburant, la monoplace frappée du numéro 1 tient tête à la seule Williams Cosworth encore en piste – celle de Webber après que le moteur de Rosberg soit parti en fumée au 7è tour – qui possède pourtant un avantage théorique de près d’une seconde au tour (environ 35kg d’essence en moins) ! Avec le même handicap poids qu’Alonso, Montoya se fait inexorablement décramponner et se maintient péniblement au 5è rang devant Heidfeld et Trulli, qui redonne des couleurs à Toyota après la déconvenue de Bahreïn. Derrière, un petit train essaie d’organiser une remontée aux avant-postes, composé entre autre de Jacques Villeneuve, Michael Schumacher, David Coulthard, Felipe Massa, Rubens Barrichello. A l’arrière, un étonnant Takuma Sato muselle les deux MidlandF1 et Tonio Liuzzi.
Mark Webber et Ralf Schumacher ouvrent la première fenêtre de ravitaillement au 13è tour, mais l’Australien ferme le banc (de cylindres) 3 boucles plus tard, au moment même où le leader s’engouffre dans l’allée des stands. Button l’imite au 18è passage, alors que Alonso, Montoya et Michael Schumacher poursuivent leur effort. Quelques gouttes de pluie leur laissent espérer que leur stratégie décalée sera payante, mais les nuages ne crèvent pas et la température de la piste se maintient à 39°C, à peine de quoi bien chauffer les gommes des deux Toyota TF106, qui gravitent pourtant autour du top 8 en trouvant de plus en plus d’adhérence.
Au 25è tour, Alonso passe par la case stands, mais en repart après seulement 7.3 secondes, dévoilant ainsi sa stratégie : simplement décalée mais comportant le même nombre de pit stops que son équipier : 2. L’Espagnol reprend la piste 8 secondes derrière Button et 10 devant Massa. Parti de la dernière ligne, le Brésilien a opté pour la même tactique que Räikkönen à Bahreïn : 1 seul arrêt. La tâche de Fernando est facilitée par deux retardataires – une Super Aguri et une Toro Rosso – qui, en pleine bagarre, font perdre la bagatelle de 3 secondes à Button, qui préfère devancer son deuxième appel et rentre aux stands au 37è tour. Avec un retard de 23.5 secondes sur Alonso, et une voiture plus lourde, Jenson ne peut respecter le même rythme que le pilote Renault lors des 5 boucles suivantes, et le voit filer sous son nom après son ultime pit stop.
Derrière le trio de tête, Montoya navigue en solitaire au 4è rang alors que Nick Heidfeld est trahi par son moteur, ce qui permet à Ralf Schumacher d’intégrer le top 8 synonyme de point, à l’issue d’une remontée spectaculaire (moteur cassé en qualifications, l’Allemand s’était élancé de la 22è et dernière place) qui lui permet de menacer la BMW Sauber de Jacques Villeneuve dans les derniers tours. Les rétroviseurs de Montoya ne tardent pas à se teinter de rouge. En résistant avec brio à son leader Michael Schumacher, Felipe Massa force l’allure et remonte sur la MP4-21. Les positions restent figées jusqu’au drapeau à damiers, qui vient saluer la domination de Renault. Montoya termine à près de 40 secondes du vainqueur. Contre toute attente, Mercedes est pourtant le motoriste le plus fiable du début de saison ! Les flèches d’argent peuvent donc bâtir sur cette fiabilité pour aller chercher un regain de performance si nécessaire. Button n’a jamais été en position d’inquiéter les bleus et jaunes, les Ferrari sont remontées aux avant-postes sans pour autant prétendre au même exploit que celui signé par Räikkönen une semaine plus tôt.
Avec 18 points, Alonso est déjà un solide leader (7 points d’avance sur Schumacher et Button), tout comme Renault au classement Constructeurs (25 points contre 15 à Ferrari et McLaren).[/align]










News