Qualifications : A Schumacher le meilleur tour, Ã Massa la Pole
Ferrari a cadenassé la première ligne de la grille de départ, et se pose comme la grande favorite du Grand-Prix du Japon, 20è du nom à se dérouler sur le circuit de Suzuka. Les voyants sont au vert pour la Rossa : Renault est rejetée en 3è ligne, Toyota ayant confirmé le potentiel aperçu ce matin par un double exploit de Ralf Schumacher (qui concède moins de 4 dixièmes sur la Pole) et Jarno Trulli.
Un seul bémol à apporter au perfectionnisme de la Scuderia : la première ligne est en ordre inverse de la hiérarchie de la journée. Felipe Massa décroche sa 2è Pole Position de la saison après la Turquie, au nez et à la barbe d'un Michael Schumacher qui n'en est pas moins le détenteur du nouveau record du tour de la piste avec un chrono qui fait référence et autorité : 1:28.954, à un moment (la deuxième phase des qualifications) où Massa ne pouvait faire mieux que 1:29.830. Schumacher devra s'élancer du côté le moins adhérent de la piste, délavée par les pluies des derniers jours, mais n'étant pas enrichie du précieux dépôt de gomme qui procure le grip.
"C'est un circuit fantastique, j'aime beaucoup piloter ici. J'ai réussi à faire un bon tour en pilotant à la limite, mais je pense que l'on peut faire encore mieux en course" a déclaré le Poleman, Felipe Massa. "Les pneus se comportent bien, et l'on a toujours été devant sur le sec."
"Pour l'instant c'est un superbe week-end pour nous, hormis le Vendredi où nous n'étions pas compétitifs, ce qui n'était pas une surprise" analyse le leader du championnat, Michael Schumacher. "Nous étions confiants car nous savions que ça serait sec aujourd'hui. Les Toyota sont très rapides également, mais nous avons assuré deux belles positions en vue du championnat. Il faudra voir si l'on peut concrétiser ce résultat en course. Sur la fin c'était unb peu difficile car j'étais sur un seul train de pneu, j'ai été prudent en début de séance, où j'ai perdu un peu de temps. Mais peu importe, nous sommes sur la première ligne, Renault sur la 3è !"
"On a fait un travail incroyable avec l'équipe après 2 courses difficiles. Nous savions que nous pourrions être rapides ici, l'aide de Bridgestone a été majeure, et le package est bon. Difficile de dire ce que l'on peut faire en course, mais on se battra pour le podium" assure Ralf Schumacher, revigoré par sa belle prestation des qualifications qui permet à Toyota de se poser comme la 2è force du plateau derrière l'intouchable Ferrari. "Nous n'avons pas eu de chances lors des deux courses précédentes mais j'espère que la roue a définitivement tourné."
La grille de départ dégage une hiérarchie par binômes : Derrière les tandems Ferrari et Toyota, les deux Renault auront pour première mission de déborder les deux Toyota dès les premiers mètres de course, avant d'espérer se placer en embuscade derrière les Ferrari. L'analyse des Vmax plaide en faveur d'Alonso : Jarno Trulli lui concède plus de 5km/h. L'Espagnol pourra en outre compter sur la R26, passée maîtresse dans l'art du départ.
Monopolisant la 4è ligne de la grille, Honda ne remplit sa mission qu'à moitié. Situées dans le top 8, les deux RA106 ont subi la domination pleine et entière de leur rivales et compatriotes, les TF106B, auxquelles elles rendent une seconde. Nick Heidfeld et Nico Rosberg complètent le top 10. Le benjamin du plateau se savait condamné au dernier rôle en Super Pole, mais a fait étal de son talent lors des Q2 où il a mis son équipier Mark Webber sous l'éteignoir en bouclant les 5.807km de Suzuka une seconde plus rapidement que l'Australien.
La surprise du jour vient des deux McLaren Mercedes, dépassées par les évènements et incapables de s'inviter dans la Super Pole, malgré une ultime tentative qui n'a pas permis à KImi Räikkönen de faire mieux que le 11è temps. L'avantage pour le Finlandais est de pouvoir définir la stratégie de course de son choix, sans les restrictions imposées au top 10 par la réglementation du code sportif FIA.
A noter que si les Ferrari ont brillé au Japon, les deux dernières évolutions du V8 de Maranello - dont ne sont pas équipées les 248 F1 - sont restés dans l'ombre, avec les 17è et 18è rang de Coulthard et Doornbos (Red Bull Racing). Les prévisions météo annonçent une course sur piste sèche, avec des températures identiques à celles du jour (environ 24°C dans l'air et 27°C au sol). De quoi gonfler le moral des partenaires de Bridgestone, qui s'est approprié le carré d'as en qualifications.
Course : Renault par double K.O
Suzuka restera dans les mémoires comme le tournant de la saison 2006. La Hongrie, la Turquie ou l'Italie en ont été d'autres, moins décisifs et moins marquants que le Japon, où les deux prétendants au titre se présentaient sur la même ligne à l'abord de la dernière ligne droite de la saison : égalité parfaite aux points, léger avantage pour Schumacher au nombre de victoires (7 contre 6).
Schumacher avait fait l'essentiel jusqu'à ce fatidique 37è passage où son V8 est parti en fumée. Après un départ impeccable et un petit coup de pouce du Poleman - son équipier Felipe Massa - le septuple champion du monde avait pris la tête de la course et contrôlait les évènements, sans tirer sur sa machine. La savait-il déjà malade ? Il venait de ravitailler pour la deuxième et dernière fois, et était ressorti des stands 6 secondes devant Alonso.
L'Espagnol avait lui aussi joué son rôle à la perfection, dans un scénario qui devait être celui du moindre mal : perdre le moins de points possible sur Schumacher pour conserver toutes les chances d'être couronné à Interlagos. Trulli mystifié dès la première courbe, Ralf débordé 12 tours plus tard, Massa oublié grâce à deux tours ultra rapides avant un pit stop parfait, le concours d'une crevaison lente sur la Ferrari n°6 et celui de Nick Heidfeld (qui déroulait une stratégie comportant un très long premier relais), qui retenait quelque peu le Brésilien.
Personne n'était en mesure de contester la victoire à Schumacher. Le coup de poignard ne pouvait venir que d'une trahison : faute de pilotage ou casse mécanique. C'est cette dernière qui a planté le premier clou dans le cercueil des espoirs de 8è titre du fer de lance de la Scuderia Ferrari.
Les rebondissements de la fin de saison 2006 auront été nombreux - et ne sont peut-être pas terminés ! Ils auront le plus souvent été le fait d'une erreur, de mécanique ou humaine. Hongrie, Monza, Japon. Les duels rapprochés Schumacher/Alonso auront été peu nombreux, mais parfois somptueux, à distance.
En franchissant la ligne d'arrivée du Grand-Prix du Japon en vainqueur (pour la première fois depuis 8 GP et l'épreuve canadienne), Alonso n'a pas oublié - contrairement à Shanghai - de saluer son équipe, agglutinée sur le muret des stands. Tout à sa joie, il a esquissé quelques embardées; n'eut été le sacro saint règlement, Fernando aurait probablement gratifié les 160.000 spectateurs d'une série de doughtnuts! Le champion du monde en titre possède désormais 10 points d'avance sur Schumacher et tous les atouts pour faire la passe de deux. Il lui suffira de marquer un point au Brésil pour rejoindre Ascari, Prost, Senna, Häkkinen et Schumacher sur les tablettes de la F1 en coiffant deux couronnes mondiales d'affilée.
Mission impossible pour Schumacher... à moins d'un ultime rebondissement. L'Allemand n'aura quoi qu'il en soit pas son destin entre ses mains, contrairement à l'Espagnol. Peu importe que Fisichella - appelé à être le leader de Renault en 2007 ! - ait perdu la 3è place au classement général au profit de Massa.
Au championnat Constructeurs, Ferrari aura également du mal à renverser Renault de son piedestal. Avec 9 points d'avance, la quadrature du cercle est à portée de main du losange.
Le duel Schumacher/Alonso ne doit pas occulter le retour des deux Toyota dans les points. Le géant de l'industrie automobile a livré une brillante prestation devant son public et son directoire. Il remonte à une longueur de BMW au championnat Constructeurs, et aura pour objectif de poursuivre sur sa lancée à Interlagos. Le combat des chefs ne doit pas non plus faire oublier la belle remontée de Räikkönen au 5è rang, la déconfiture de De La Rosa qui fait de plus en plus regretter le départ précipité de Montoya, ou encore le duel fratricide des deux BMW dans les deux derniers tours, où Kubica avait l'autorisation d'essayer de déloger Heidfeld du top 8.
Prochain et dernier rendez-vous de la saison : Interlagos (Brésil) le 22 Octobre.
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Alonso en qualif
Vettel sous la pluie











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