Rien de bien trancendant comme dans toutes les séances du vendredi et samedi, mais deux fait marquant tout de même
Alonso prend deux secondes de peinalité pour avoir intimidé Doornbos, la vidéo des faits Ici
Schumacher prend deux secondes de peinalité pour avoir doublé sous drapeau rouge, la vidéo des faits Ici
Qualifications : Les premiers seront les derniers - Räikkönen sort le grand jeu
Une fois n’est pas coutume, la séance la plus excitante des qualifications n’étaient pas la Super Pole, mais bien les Q1 et Q2, desquelles Fernando Alonso et Michael Schumacher (tous deux pénalisés de deux secondes dans chacune des phases des qualifications) devaient s’extirper. Auteurs des deux meilleurs temps de la journée, Michael et Fernando s’élanceront au-delà du top 10 : P11 pour le pilote Ferrari, P16 pour le fer de lance du losange.
Sur un circuit du Hungaroring plus chaud que la veille mais encore frais par rapport aux normales saisonnières (23°C dans l’air, 33°C au sol), Alonso et Schumacher ont tapé dans leur stock de pneus neufs pour éviter le couperet des Q1 : un seul train utilisé par l’Allemand, deux pour l’Espagnol, qui a dû s’y prendre à deux fois pour éviter de passer à la trappe : le temps de 1:20.420 (+2 secondes) signé après 5 minutes dans la séance s’est rapidement avéré insuffisant et le pilote des Asturies a dû monter au créneau pour faire mieux que le 16è potentiel à 1 minute du drapeau à damiers : Tonio Liuzzi (1:22.068). Mission accomplie avec un 1:19.792 incisif mais à près de 4 dixièmes du chrono signé Michael Schumacher. 1:19.440.
Les éliminés du premier rang sont sans surprise les deux pilotes Super AguriF1 (Yamamoto et Sato) qui encadrent Albers, mais aussi les deux sociétaires de l’écurie Toro Rosso (Scott Speed et Tonio Liuzzi) et Nico Rosberg, copieusement dominé par son équiper, Mark Webber, dont le contrat n’a pas été renouvelé plus tôt dans la semaine. A noter l’excellente prestation de la M16 Toyota de Tiago Monteiro, qui devance la Red Bull Racing de Christian Klien.
Les Q2 débutent sur les chapeaux de roue, Schumacher ne perdant pas de temps pour fixer une référence susceptible de lui faire éviter les affres du milieu de grille – et donc le ventre mou du peloton en course dont il est particulière délicat de se désengluer. 1:19.462 pour Schumacher, 1:22.228 pour Alonso. L’Espagnol semble être résigné à ne pas participer à la Super Pole. Les évènements lui donnent raison puisque le pilote à déloger à 2 minutes de la fin de la séance, Nick Heidfeld, a arrêté le chronomètre sur 1:20.623. En d’autres termes, Schumacher et Alonso se doivent de claquer un 1:18.622 pour avoir le droit de prendre part à la dernière phase des qualifications.
Les jeux semblent faits, lorsque Schumacher s’élance dans une dernière tentative qui restera un modèle du genre en terme d’agressivité et de précision : 1:18.875 ! La pole 2004 (1:19.146, avec un moteur V10 et une aéro au sommet de son efficacité) vole en éclat. Voyant son rival tenter sa chance, Alonso s’essaie aussi à l’exercice de la dernière chance, sans grande réussite malgré un excellent 1:19.364. Le duel à distance aura eu le mérite de donner une indication claire sur la hiérarchie : Alonso rend 0.5 seconde à Schumacher en configuration qualification.
La Super Pole s’offre à Robert Kubica, qui inflige un cuisant échec à son équipier Nick Heidfeld, pour sa première participation à un Grand-Prix, mais aussi à Massa, Webber, Fisichella et aux deux Honda, McLaren et Toyota. La première place de la grille semble promise à Felipe Massa, mais le Brésilien bloque ses roues dans chacune de ses deux tentatives, laisse filer quelques centièmes de seconde et voit un fabuleux Kimi Räikkönen lui voler la vedette dans les dernières secondes : 1:19.599. Derrière le duo phare de la Super Pole, les deux Honda confirment leur retour en forme en qualifications, mais Button 4è sera rejeté au 14è rang pour cause de changement de moteur, ce qui fait l’affaire de Michael Schumacher qui remonte au 11è rang du côté propre de la piste. Alonso descend à l’extérieur de la 8è ligne, sur la partie moins propre de la trajectoire.
Respectivement 7è et 9è, Ralf Schumacher et Jarno Trulli encadrent un décevant Fisichella, alors que Kubica ferme le top 10.
Course : La première de Button !
La conclusion n’en est que plus belle : c’est après cent-13 (bien sûr !) GP sans victoire que Jenson Button a brisé l’anathème et offert au clan Honda sa première victoire dans la discipline reine du sport automobile depuis 1967 et le GP d’Italie remporté par John Surtees sur une Honda RA300.
Alonso et Schumacher lourdement pénalisés en qualifications, les prétendants à la couronne semblaient devoir se contenter des accessits. C’était sans compter sur la pluie, présente par intermittence depuis Vendredi, et qui s’est abattue à grandes eaux sur le Hungaroring ce matin. Le GP2 en a fait les frais (départ et trois tours sous safety car, multiples sorties de route), et si la F1 est passée au travers des gouttes elle n’a pu éviter son principal dégât collatéral, à savoir une piste détrempée.
Placé sur la première ligne de la grille de départ, mais du côté sale de la piste, Felipe Massa a eu toutes les peines du monde à arracher sa 248 F1 de son emplacement pendant que Kimi Räikkönen profitait pleinement de sa 2è Pole Position de la saison. Mais c’est de l’arrière que venait la surprise : Michael Schumacher 6è au premier virage, Alonso dans les échappements de son équipier, les gros bas avaient décidé d’écrire une page d’histoire. Ils y sont parvenus. Schumacher 4è à l’issue de la première boucle maintenant tant bien que mal sa Ferrari aux premières loges lors des premiers kilomètres de course. Mal ferré, le cheval cabré ne pouvait résister à l’armada Michelin. Ferrari mais aussi Toyota perdaient un terrain considérable dans les premiers tours où l’exercice le plus périlleux consistait à rester en piste, afin de se donner une chance de répondre présent une fois les conditions dantesques passées.
Dès le 7è tour (après quelques figures non imposées à tous les étages du peloton) il était évident que la fenêtre d’exploitation des Bibendum était en phase avec les conditions de piste (17°C dans l’air, 20°C au sol). Räikkönen, Alonso puis Button tournaient en 1:33 et s’adjugeaient tour à tour le record du tour pendant que Schumacher naviguait à la 4è place (derrière Räikkönen, De La Rosa, Alonso mais encore devant Button) en bouclant le tourniquet magyar dans le haut de la fenêtre des 1:35. Au 10è passage l’Allemand accusait 28.5 secondes de retard sur le leader. Deux boucles plus tard Massa cristallisait la faiblesse de ses pneus en troquant ses intermédiaires pour des pluie. Rien n’y fit.
Une nouvelle fois ridiculisé par son équipier parti 7 rangs derrière lui et le devançant de 3 places et 25 secondes au 15è tour, Fisichella peinait à passer Schumacher. Le leader de la Scuderia y laissait une moustache dans la manœuvre et repassait par son stand pour un arrêt plus long que prévu mais en rien pénalisant en regard du terrain perdu en piste par les Bridgestone. Räikkönen ravitaillait dans le même 17è tour et cravachait pour revenir sur Alonso et une R26 fringante et toujours vierge de pit stop, lorsque le Finlandais plantait sa flèche d’argent dans la Toro Rosso de Liuzzi. Concédant un tour à Kimi, Tonio respectait les drapeaux bleus et virait au large, au point de mettre une roue sur le vibreur. En perte d’adhérence, la STR01 faisait un petit travers et perdait beaucoup de vitesse au moment où la MP4-21 accélérait en sortie de virage. La collision était inévitable, tout comme la sortie du safety car qui en découlait, des centaines de débris de carbone jonchant la piste. Alonso en profitait pour se jeter dans l’allée des stands, Schumacher pour se dédoubler de l’Espagnol à qui il avait déjà concédé un tour.
Au re-start, Michael était en 7è position et pointait à moins de 20 secondes de Fernando (confortable leader suivi de Button, De La Rosa, Barrichello), mais était en dernière position du peloton, Alonso et lui étant notamment séparés par une foule de retardataires relégués à 1 tour du leader.
La pluie épargnant les rescapés et la sente se faisant moins humide et par endroits carrément sèche, l’idée de rouler en slicks (pneus rainurés pour piste sèche) commençait à germer dans l’esprit des protagonistes. Scott Speed était le premier à tenter le pari, au 39è des 70 tours de course. Trois tours et autant d’embardées ou sorties de piste plus tard, l’Américain faisait marche arrière et chaussait à nouveaux des gommes intermédiaires.
En tête, Alonso n’avait qu’à calquer sa stratégie sur celle de Schumacher. La Ferrari s’entêtait en pneus intermédiaires, et ne les changeait pas lors de son dernier pit stop (46è tour). Même tactique chez Button. Les deux hommes tournaient dans les 1:27 sur une piste quasiment totalement sèche. Alonso faisait le choix des pneus slicks quatre tours plus tard mais reprenait la piste derrière le Britannique. Un écrou de roue mal fixé le contraignait à l’abandon moins d’un tour après sa sortie des stands.
Ralf Schumacher et Jarno Trulli ayant montré la voie avant le 50è passage, Barrichello et De La Rosa imitaient les pilotes Toyota en faisant le choix des pneus slicks. Solide leader (il possédait alors 29 secondes d’avance sur Heidfeld, 32 sur Schumacher, 48 sur De La Rosa et 55 sur Barrichello), Jenson Button faisait de même au terme de la 53è boucle. Les adeptes des pneus rainurés n’ont pas tardé à toucher les dividendes de leur investissement : 1:25 au tour contre 1:28 pour Schumacher qui s’entêtait en gommes intermédiaires. A 15 tours de l’arrivée et à raison de 3 secondes perdues au tour, l’Allemand et son écurie pouvaient cependant fort bien calculer la perte : 45 secondes au total, contre une vingtaine en cas d’un pit stop qui ne les auraient pas empêché de briguer la 2è place, tous les hommes de tête ayant effectué la même opération. A 9 tours de l’arrivée il était trop tard. Schumacher a usé de tout son talent pour tenir De La Rosa en respect – la vitesse de pointe de la 248 F1 interdisait à la MP4-21 de passer : 292km/h contre 283. Le combat perdu d’avance dura plusieurs tours avant que Schumacher ne baisse pavillon. Heidfeld portait lui aussi l’estocade un tour plus tard. A 3 boucles du drapeau à damiers et de la délivrance, Schumacher ralentissait considérablement avant de rentrer aux stands et de mettre pied à terre. Freins surchauffés ? L’information filtrera dans la soirée.
En tête et insensible au drame qui se jouait derrière lui, Button se dirigeait tout droit vers sa première victoire. Il était rejoint sur le podium par De La Rosa et Heidfeld, pour un trio de tête inédit. Barrichello, Coulthard, Ralf Schumacher, Kubica et Massa complètent le top 8 synonyme de point, qui s’est une nouvelle fois refusé à Jarno Trulli à quelques encablures de l’arrivée (moteur cassé).
En tête des deux championnats les positions restent grandement inchangées. Une opération blanche d’un point de vue mathématique, mais pas sur le plan du spectacle ! Alonso possède 11 unités d’avance sur Schumacher et Ferrari ne reprend qu’un point à Renault, qui devance sa rivale de 9 points. La pause sera studieuse dans les bureaux d’étude et les souffleries, avant le 14è rendez-vous, le 27 Août à Istanbul. Les pilotes prendront quant à eux quelques jours de repos mérité pour remettre leurs idées en place après un Grand-Prix de Hongrie qui a tourné beaucoup de têtes.
La video de l'accident de Kimi Ici
Post course
Kubica va être disqualifié pour une monoplace trop légère de 2 kg, ce manque de poids etant du à l'usure des pneus pluies, ce qui n'avait pas été envisagé par cette équipe, du coup Massa termine 7éme et Schumacher malgrès son abandon termine 8éme.
C'est trois petits points pourraient peser lourd à la fin du championnat pour déterminer le titre.












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