[align=justify]Fernando Alonso a remporté sur l’Albert Park sa 2è victoire de la saison. Plus que les 10 points récoltés par le champion du monde en titre – qui ne lui offrent après tout que 2 unités de mieux que son grand rival, Kimi Räikkönen, son dauphin en Australie – c’est la manière dont l’Espagnol a bâti son succès qui laissera des traces et des séquelles dans les esprits.
Malgré trois périodes de neutralisation sous safety car (accident de Massa/Rosberg puis Coulthard/Trulli, de Klien et enfin de Michael Schumacher) réduisant l’avance d’Alonso à peau de chagrin, le pilote Renault a constamment conservé sa concentration et sa détermination, pour s’échapper à chaque restart en laissant sur place ses adversaires, grâce à un style d’une folle agressivité qui permet aux gommes de monter assez haut en température et en pression avant même que la voiture de sécurité ne s’efface.
Aucun doute, le champion du monde en a assommé plus d’un aujourd’hui. A commencer par son équipier Fisichella, chanceux 5è grâce à l’explosion du moteur de Jenson Button dans le dernier virage. Pistons en vrac, le RA806E a baissé le rideau sur l’électronique et la transmission, empêchant la monoplace du Britannique de passer au point mort pour franchir la ligne d’arrivée sur son élan. De héros à zéro en quelque sorte pour Jenson, qui rêvait de victoire après avoir acquis hier sa 3è Pole. Il n’a pourtant pas grand-chose à se reprocher, mais peut en revanche s’en prendre à son matériel, peu fiable et très inconstant, d’autant plus sur une piste soumise à certaines variations de températures (de 30 à 24°C entre le départ et l’arrivée). Les gommes de Jenson ont dramatiquement perdu en niveau de performance à chaque phase de neutralisation, et même si le style très doux de Button devient presque un handicap dans ces circonstances, l’efficacité du package est avant tout coupable.
Giancarlo est l’un des grands perdants du jour, lui dont le moral avait été ‘boosté’ par sa position sur la grille, devant Alonso. Le karma du Romain en a pris un coup dès la fin du tour de formation, où l’électronique a fait des siennes, au point de faire caler le RS26. Erreur purement mécanique ou combinaison d’un facteur humain ? On se souvient que Fisichella s’était souvent emmêlé les fils électroniques lors des pit stop l’année dernière. Seul Renault pourra démêler cet écheveau et nous livrer la vérité… Une fois relégué en fond de grille – le lot de tout pilote responsable de l’annulation de la procédure de départ – Fisichella est péniblement remonté dans le top 10, alors même que sa mission était facilité par les trois neutralisations, qui annulent les écarts creusés dans chaque relais. Pourtant, ses temps au tour frisaient le ridicule par rapport à ceux d’Alonso, jusqu’à ce que ce on équipe l’invective. Piqué au vif en s’entendant dire qu’il ne pouvait pas se permettre d’être deux secondes moins rapide qu’Alonso (1:27.238 contre 1:29.419 au 44è tour, 1:26.189 contre 1:28.026 trois boucles plus tard !), Giancarlo a forcé l’allure pour enfin descendre dans les 1:27 (1:27.561 au 53è passage) et revenir sur Button. L’hécatombe devant Fisichella (accident de Michael Schumacher, Klien, Trulli, Montoya, Liuzzi, mais aussi panne de Webber, qui était à la faveur des ravitaillements en tête devant son public) lui permet de rentrer dans les points et de sauver l’honneur mathématiquement…
Derrière Alonso, Les deux McLaren ont joué au yoyo avec le chronomètre. Tantôt descendant péniblement sous la barre des 1:30, parfois allègrement dans la fourchette des 1:27, les MP4-21 ont été victimes de leur capacité à économiser leurs gommes. Avec 24°C au sol seulement et trois neutralisations qui font chuter température des composants internes et pression des pneus, les flèches d’argent ont toujours nécessité une mise en jambe beaucoup plus longue que la Renault. Comme pour mieux ouvrir les yeux au public et envoyer un avertissement à Alonso, Kimi Räikkönen a signé un meilleur tour en course époustouflant dans la dernière boucle : 1:26.045, à deux dixièmes de seconde seulement de son temps de qualifications.
Le parcours de son équipier fut plus erratique : un tête-à -queue dans le tour de formation en chauffant ses gommes, et Montoya n’a dû son salut qu’au pépin de Fisichella, postérieur au sien, et le seul qui a finalement annulé la procédure de départ. Le Colombien a pu remonter sur sa 3è ligne de la grille, a pris un bon départ puis s’est frotté à Räikkönen sans ménagement. A l’image du Finlandais, Juan Pablo était tour à tour très rapide et lent, au gré des conditions environnementales. Il se dirigeait vers un podium lorsqu’il escalada le vibreur d’entrée de la ligne droite. La MP4-21 a sursauté, hoqueté, puis a jeté l’éponge.
Même figure pour le dernier grand perdant du jour, Michael Schumacher, avec une conclusion plus éparpillée, à l’image des centaines de débris volant de la 248 aplatie contre le mur. L’image n’est pas sans rappeler la perte de contrôle d’Häkkinen à Imola en 1999. Auparavant, le septuple champion du monde avait été confronté au même problème d’exploitation de ses gommes que la totalité du plateau, et dont seul Alonso semblait se jouer. Lent en début de course, notamment à cause d’un plat effectué sur un pneu – au point de se faire éjecter du top 8 par Liuzzi et attaquer par Speed – Schumacher a retrouvé sa vitesse de pointe dès le 2è train monté. A l’attaque en permanence, il était remonté dans les roues de Button lorsqu’il perdit le contrôle de sa monture.
Un Schumacher pouvant en cacher un autre, Ralf a repris le flambeau de manière admirable. Discret en début de course et malgré trois arrêts aux stands, le cadet de la famille a cristallisé l’attention du paddock en décrochant la dernière marche du podium, et en concrétisant les progrès accomplis par Toyota depuis Bahreïn.
A souligner enfin le premier point de la Scuderia Toro Rosso, œuvre d’un néophyte moins médiatisé que Nico Rosberg, mais diablement efficace : Scott Speed le bien nommé !
Au championnat, Renault et Alonso s’envolent. Le losange possède près du double de points de McLaren et du triple de Ferrari, alors que le capital points de l’Espagnol est deux fois plus important que celui de Fisichella et Räikkönen, ses plus proches poursuivants.[/align]













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