Alain PROST a écrit:J'ai été voir Ron et lui ait dit que nous serions Champions du monde avec cette voiture
Voici la F1 la plus victorieuse de l'histoire de la F1, en 1988 en remporta tous les GP sauf 1


Dire que cette voiture a "dominé" est un doux euphémisme. Mais on peut dominer la première mi temps d'un match de football et le perdre, ou bien les premiers tours d'un Grand Prix et sortir de la piste. Non, en fait, la McLaren Mp4/4 a fait bien mieux que ça. Tout le monde se souvient qu'elle gagna 15 des 16 courses de 1988. Mais Ayrton SENNA et Alain PROST signèrent aussi 10 doublés, menant 1003 tours - deux autres pilotes seulement occupèrent la tête, pour un total de 28 tours.....
Schumacher a dominé son époque, Clark aussi. Mais elle n'a pas fait que dominer, elle a massacré ses adversaires.
Schumacher a dominé son époque, Clark aussi. Mais elle n'a pas fait que dominer, elle a massacré ses adversaires.

Voici comment......
1988 marquait la fin de l'ère turbo en F1. La formule 3,5 litres atmosphérique arrivant en 1989, le président de la FISA, Jean Marie BALESTRE, souhaitait égaliser les performances entre les équipes utilisant la "vieille" technologie 1,5 litres et celle qui, comme Williams et Benetton, avait devancé l'appel (de façon un peu forcée pour Williams, lâchée par HONDA au profit de .... McLaren). La fédération avait réduit de 4 à 2,5 bars la pression maximum des turbos (leur puissance passant de 900 à 700 chevaux) et de 220 à 150 litres la capacité du réservoir d'essence. Sa théorie était qu'en limitant la puissance et en imposant une quantité de carburant moindre, les turbos rouleraient en dessous de leur puissance maxi (il n'y avait pas de ravitaillement à cette époque) et cela donnerait plus de chances aux "atmo". Simplement, quelqu'un avait dû oublier de le dire à McLaren et à son nouveau motoriste, Honda....
Nous voulions tout casser en 88 admet Steve Nichols, chef de projet pour la MP4/4, et Honda avait exactement la même approche. L'arrivée du constructeur Nippon était un gros changement pour McLaren, après 4 années passées à utiliser le V6 Porsche financé par TAG. Le nouveau bloc Honda (nom de code : RA168-E) était beaucoup plus compact et bien plus bas que son prédécesseur. Ceci, et l'installation modifié qui en découlait, offrit de grandes opportunités quand commença le travail de design sur le chassis, courant 1987. En 1988 tout était nouveau. Bien que les F1 aient un fond plat depuis 1983, on avait continué essentiellement avec le même type de monocoque, explique Nichols, avec une partie arrière laissant le maximum d'espace à l'effet de sol pour fonctionner. Pour 1988, nous avons été en mesure de concevoir une coque avec la rigidité et le poids comme priorité.

Un des points fort de cette était la suspension arrière, elle rendait la voiture plus stable au freinage, et elle procurait une excellente motricité, laquelle avec les turbo était vitale. Par rapport à la MP4/3 de 1987, l'empattement était plus long de 40 mm et la partie avant plus courte se souvient Alain PROST.
Cette monoplace n'allait prendre la piste qu'à la tout fin du mois de Mars. McLaren se rendit à Imola pour les derniers test d'intersaison avec une voiture intermédiaire en raison d'un retard de fabrication. C'est le dernier jour seulement alors que toutes les autres équipes étaient partie que la MP4/4 fît son premier roulage. Après que SENNA se soit familiarisé avec, nous l'avons poussé dans le garage et il est resté assis là pendant au moins 30 secondes, complètement ahuri raconte Nichols en riant. Puis il a dit : Cette voiture va être terriblement rapide ! Et l'histoire nous a montré que ce fût vrai. A la suite de cette essai, d'environ 80 tours, McLaren a remballé puis est parti au Brésil pour la première course de la saison. Après un roulage de seulement 80 tours, la MP4/4 remporte son premier succès. Alain PROST se souvient de cette séance d'essai ou Ron DENNIS avait demandé de ne pas trop attaquer, en fait, SENNA & PROST ont attaqué comme des malades, escaladant les vibreurs et poussant la monoplace à son maximun. Déjà Alain PROST savait entre qui et qui allait se jouer le titre mondial.
A cette époque, Honda ne fournit pas seulement l'équipe McLaren, elle fournit aussi Lotus. De plus, il y avait deux moteurs par course, un de qualif et un pour la course. A Monaco, Honda a demandé si McLaren était d'accord de donner les moteurs de qualifs pour la course et McLaren a tout de même gagné. Beaucoup de personne ont pensé à cette époque que McLaren triché, les voitures ont été démonté un grand nombre de fois, sans que rien soit trouvé car McLaren était clean.
Aussi étrange que cela puisse paraitre, la MP4/4 passe souvent au second plan quand on parle de cette époque, les gens se souviennent plus de la rivalité forte entre les deux pilotes SENNA & PROST. Au début de la saison, Senna était le petit nouveau. Il était l'ambition personnifiée, et sur le point d'exploiter tout son potentiel. Prost était le champion établit, considéré par beaucoup comme le meilleurs pilote de la décenie, il abordait la saison avec la motivation prudente d'un vieil habitué.

"Prost et Senna se parlaient plus ! Nous, dans l'équipe, On en riait..."
Aussi explosive qu'ait été la lutte entre ses pilotes, l'équipe est toujours resté on ne peut plus unie. "Ron était tout à fait impartial, et gérait assez adroitement la situation" juge Nichols. "Moi et l'autre ingénieur de course, Neil Oatley, ne nous sommes jamais autorisés à faire du chacun pour soi. Nous gardons à l'esprit que nous travaillions pour McLaren, pas pour ses pilotes. La relation entre Prost et Senna est devenue assez glaciale, et, bien qu'ils n'aient jamais perdu le respect que chacun avait pour les capacités de l'autre, ils finirent pas ne plus se parler. Nous, on en riait : c'était presque une blague au sein de l'équipe, pour tout dire. Les ingénieurs partageaient toutes les informations. C'était un peu comme un divorce dans lequel les gens se parlent par avocats interposés. »
Il peut paraitre étonnant qu'après une telle réussite sans précédent, il ait pu y avoir des regrets. Mais il y en eut bien un. Dans les livres d’histoire de la F1, cette seule et unique course perdue cette année-là , à Monza a, fait mal...

« Jamais nous n'aurions pensé gagner toutes les courses», admet Nichols. « C'était trop "limite". Les règles prévoyaient que les "atmo" aient vraiment un avantage, et les pilotes des turbos étaient à la limite partout pour les battre. En fait, ils auraient pu gagner cinq ou six courses si nos pilotes n'avaient pas fait ce qu'il fallait. C'était le problème à Monza. Nous avons eu une casse moteur, puis adopté un mélange plus riche pour Senna afin de rendre le sien plus fiable, on a eu des problèmes de consommation - et Ferrari nous menaçait. Senna devait garder le plus de vitesse possible dans les virages car il ne pouvait se payer le luxe d'assurer, et il avait un centième de seconde pour prendre chaque décision. On ne peut pas dire qu'il ait fait une erreur, car il faisait ce qu'il avait à faire pour gagner. La Mp4/4 remporta donc toutes les courses sauf une, signa toutes les pôles sauf une, et manqua d'un rien de battre le total de points de toutes les autres équipes réunies (199 contre 201) ! Mais ce dont se souviennent ses créateurs, ce sont les hommes, pas la voiture.
« C'est l'illustration parfaite de l'importance du travail d'équipe », conclut Steve Nichols. « Chez nous, il n'y avait pas de superstars. Nous nous apprécions les uns les autres, nous respectons les uns les autres, et aimions ce que nous faisions. Nous connaissions l'importance du travail d'équipe, et de l'effort personnel. C'était un peu comme au football – sur le terrain, on travaille ensemble et au moment de marquer, ça devient purement individuel. Il faut les deux pour réussir ».
La Mp4/4 n°l2, Championne du monde, pose aujourd'hui, au calme, dans le hall du Technology Centre de McLaren. Luisante et élégante. Incroyablement proche, et éternellement distante, de l'absolue perfection.

Classement pilotes
- 1. Ayrton Senna 90 - 9 - 6 9 9 6 9 9 9 9 - (1) (3) 9 6
2. Alain Prost 87 9 6 9 9 6 6 9 - 6 (6) (6) - 9 9 (6) 9
3. Gerhard Berger 41 6 2 6 4 - - 3 - 4 3 - 9 - 1 3 -
4. Thierry Boutsen 27 - 3 - - 4 4 - - 1 4 - 1 4 - 4 2
5. Michele Alboreto 24 2 - 4 3 - - 4 - 3 - - 6 2 - - -
6. Nelson Piquet 22 4 4 - - 3 - 2 2 - - 3 - - - - 4
7. Ivan Capelli 17 - - - - 2 - - - 2 - 4 2 6 - - 1
8. Derek Warwick 17 3 - 3 2 - - - 1 - - 2 3 3 - - -
9. Nigel Mansell 12 - - - - - - - 6 - - - 6 - -
10. Alessandro Nannini 12 - 1 - - - - 1 4 - - - - - 4 2 -
11. Riccardo Patrese 8 - - 1 - - - - - - 1 - - - 2 1 3
12. Eddie Cheever 6 - - - 1 - - - - - - 1 4 - - - -
13. Mauricio Gugelmin 5 - - - - - - - 3 - 2 - - - - - -
14. Jonathan Palmer 5 - - 2 - 1 2 - - - - - - - - - -
15. Andrea de Cesaris 3 - - - - - 3 - - - - - - - - - -
16. Satoru Nakajima 1 1 - - - - - - - - - - - - - - -
16. Pierluigi Martini 1 1 - - - - - - - - - -
Classement constructeur
- 1. McLaren/Honda
9 15 9 15 15 15 15 9 15 15 15 - 10 12 15 15
2. Ferrari 65 8 2 10 7 - - 7 - 7 3 - 15 2 1 3 -
3. Benetton/Ford 39 - 4 - - 4 4 1 4 1 4 - 1 4 4 6 2
4. Lotus/Honda 23 5 4 - - 3 - 2 2 - - 3 - - - - 4
5. Arrows/Megatron 23 3 - 3 3 - - - 1 - - 3 7 3 - - -
6. March/Judd 22 - - - - 2 - - 3 2 2 4 2 6 - - 1
7. Williams/Judd 20 - - 1 - - - - 6 - 1 - - - 8 1 3
8. Tyrrell/Ford 5 - - 2 - 1 2 - - - - - - - - - -
9. Rial/Ford 3 - - - - - 3 - - - - - - - - - -
10. Minardi/Ford 1 - - - - - 1 - - - - - - - - - -

Source F1-Racing - Wiki F1

























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